Après avoir renoué avec la tendance haussière depuis la fin de la semaine dernière, les prix du pétrole étaient de nouveau orientés hier à la baisse, alors que le coronavirus et ses conséquences concrètes sur le long terme font toujours craindre une forte baisse de la demande, notamment chez la Chine, premier consommateur mondial de brut.
Dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 56,69 dollars à Londres, en baisse de 1,70% par rapport à la clôture de lundi.
A New York, le baril américain West Texas Intermediate (WTI) pour mars perdait 1,48%, à 51,28 dollars, comparé à sa valeur à la clôture de vendredi, dernière référence en raison d’un jour férié lundi aux États-Unis.
Certains analystes pointent notamment le mauvais signal envoyé par Apple: l’entreprise américaine a annoncé lundi en fin de journée que sa prévision de chiffre d’affaires pour le deuxième trimestre ne serait sans doute pas atteinte à cause de l’épidémie.
« C’est un rappel clair aux investisseurs des conséquences négatives du Covid-19, et le Brent a (lui aussi) réagi en passant sous les 57 dollars » le baril, a estimé Carsten Fritsch de Commerzbank.
Les propositions du comité technique de l’Opep+ qui s’est réuni il y a deux semaines n’étaient que de simples recommandations, et Moscou fait toujours attendre sa décision sur les coupes supplémentaires de la production d’or noir.
Lors de sa réunion tenue à Vienne, l’Opep+ a recommandé le prolongement la réduction en cours
(1,7 million de barils par jour) jusqu’à la fin de 2020 et de précéder à des coupes additionnelles de 600 000 barils par jour jusqu’à la fin du second trimestre de l’année en cours.
Pour rappel, l’Opep vient de réviser à la baisse sa prévision de la demande pour l’année 2020. Au vu de l’impact du coronavirus sur la demande du géant chinois, l’organisation table désormais sur une croissance réduite de 19% par rapport aux estimations faites en le mois dernier.
« L’impact de l’épidémie de coronavirus sur l’économie chinoise a ajouté aux incertitudes concernant la croissance économique globale en 2020 et par extension sur la croissance mondiale de la demande de pétrole en 2020 », a indiqué l’Opep mercredi dans son rapport mensuel. En chiffres, le recul fera que cette croissance se situera à 0,99 million de barils par jour (mb/j) cette année, contre 0,23 mb/j antérieurement prévus.
Depuis l’apparition de la maladie en décembre à Wuhan (centre de la Chine), plus de 1.900 personnes sont décédées et plus de 72.000 ont été contaminées.