En grève illimitée depuis dimanche dernier, les médecins résidents d’Alger, Tizi-Ouzou et Blida organiseront, dès aujourd’hui, un sit-in régional au centre hospitalo-universitaire de Beni Messous alors qu’au même moment,

une rencontre entre une délégation du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) et le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mokhtar Hasbellaoui, se tiendra au siège du ministère. L’enjeu pour les 11 représentants de chaque faculté de médecine au niveau national est de trouver une issue à la crise. « Notre collectif fait un travail horizontal, on n’a pas de chef de délégation », a fait remarquer le représentant du Camra, le Dr Naili, en expliquant que les résidents ont remis leurs revendications au ministre il y a trois semaines. M. Hasbellaoui, de son côté, a installé trois commissions. La première est chargée de discuter du statut particulier, la deuxième du service civil et la dernière se penchera sur les revendications pédagogiques. « Lors de cette rencontre, on attend la réponse du ministre qui nous a promis qu’il étudiera nos revendications avec précision », a indiqué le représentant du Camra. En ajoutant que le ministre a fait participer les différents ministères concernés, à savoir le ministère de la Défense nationale et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. A l’issue de leur entrevue avec le ministre de la Santé, les membres du collectif vont organiser une réunion pour étudier les réponses de la tutelle. « Si on reçoit une réponse favorable à nos revendications, on suspendra notre grève », a encore déclaré le Dr Naili, en avertissant que dans le cas contraire, les résidents vont « maintenir leur mouvement de grève jusqu’à la satisfaction de leurs revendications ». « Mais en attendant, notre mouvement est toujours en cours », conclut-il.
La grève illimitée lancée par les médecins résidents a atteint, selon les indications du Camra, un taux de suivi de plus de 80% à travers tous les CHU du pays. Le mouvement des résidents, au nombre de 10 500, est renforcé par les étudiants en pharmacie et en chirurgie dentaire. Ils sont 15 000 résidents à travers le pays à protester. Une adhésion importante à la grève qui a gelé les interventions chirurgicales au niveau des hôpitaux, sauf pour les urgences, qui sont reportées à des dates ultérieures, laissant ainsi les malades livrés à eux-mêmes, particulièrement ceux des régions intérieures du pays qui font le déplacement jusqu’aux CHU.
Il y a lieu de rappeler que ce mouvement de contestation a été déclenché le 14 novembre sous forme d’abord, d’une grève cyclique de deux jours chaque semaine ensuite trois jours. Il a pris un autre tournant en se transformant en grève illimitée afin de faire pression sur la tutelle pour répondre à leurs revendications, principalement l’abrogation de l’obligation du service civil. Parmi d’autres revendications, le droit aux œuvres sociales lorsqu’ils sont étudiants en post-graduation et au statut de fonctionnaire.