S’il est loisible de mesurer, maintenant que les flammes sont éteintes, l’ampleur des dégâts occasionnés par les incendies déclenchés à travers le pays depuis lundi dernier, au vu du décor apocalyptique qu’offre tristement nos reliefs montagneux, notamment en Kabylie, les bilans définitifs, aussi bien en pertes humaines qu’en ce qui concerne les biens mobiliers et immobiliers, sans oublier les dégâts subis par les agriculteurs, tardent à venir.

PAR NAZIM BRAHIMI
Même le nombre de décès causés par la furia des flammes sur la vingtaine de wilayas touchées demeure inconnu aussi bien parmi les civils qu’au sein des militaires puisque les derniers bilans rendus publics datent déjà de quelques jours. Jusqu’à mercredi, nous savions que le nombre des victimes des incendies déclarés depuis lundi dans la wilaya de Tizi Ouzou s’est alourdi à 69 morts, dont plus de 20 militaires, selon le Procureur général près la Cour de Tizi Ouzou, Abdelkader Amrouche.
Un bilan qui est passé malheureusement à la hausse, du moins en ce qui concerne les victimes militaires dans la mesure où une cérémonie d’adieu a concerné samedi dernier 26 martyrs au niveau de l’Hôpital central de l’ANP à Aïn Naâdja et à 7 autres militaires au niveau de l’hôpital régional de l’ANP à Constantine, selon le ministère de la Défense nationale.
Par ailleurs, les images émanant du village Ikhlidjene à Larbaa Nath Irathen, qui a enterré lundi 19 personnes, ont plongé les Algériens émus dans la consternation et l’affliction devant un tel drame. «Le village Ikhlidjen n’est plus ce qu’il était. Il a été détruit en un clin d’œil. Tout est parti en fumée. Une vraie tragédie», a lâché un natif du village encore sous le choc. «Maintenant, il ne reste plus rien. Tout a été rasé par les incendies qui ont fait une vingtaine de décès. C’est l’hécatombe», ajoute-t-il. Autrement dit, il n’est point facile à ces villages durement touchés, notamment en pertes humaines, de reprendre une vie normale, une réalité à laquelle semble adhérer l’ensemble des populations, selon des témoignages. Par ailleurs, la cellule de crise au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou a fait état de 832 agriculteurs dont les exploitations ont été touchées par les feux, alors et 748 bâtisses, ce qui renseigne clairement sur l’ampleur des flammes.
Le bilan n’est, cependant, pas définitif dans la mesure où l’opération d’évaluation des dégâts en vue de l’indemnisation des sinistrés est en cours dans les 26 wilayas touchées par les incendies. «En application des instructions du président de la République et du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, des équipes spécialisées ont été dépêchées dans les communes des 26 wilayas touchées par les incendies afin d’entamer le recensement des personnes sinistrées et d’évaluer les dégâts occasionnés, a déclaré l’Inspecteur central du ministère de l’Intérieur, Abdelaziz Dliba.
Ce dernier a expliqué que ces équipes sont composées d’agents administratifs et d’experts en contrôle technique et qu’elles sont chargées notamment d’effectuer l’inventaire des biens mobiliers et immobiliers endommagés par les feux de forêt et de procéder par la suite à l’estimation des dégâts occasionnés. Le même responsable a relevé que les dossiers seront examinés au niveau de chaque daïra concernée puis de la wilaya, avant de les soumettre à la Commission nationale, tout en espérant que cette opération sera achevée «dans un délai raisonnable».
Pour sa part, la commission nationale a pour principale mission de réceptionner les dossiers des commissions de wilaya chargées de l’évaluation des dégâts (…) en associant les chefs de comité de village dans l’élaboration des listes des sinistrés qui bénéficieront du soutien total de l’Etat. n