La charte de coopération Opep+, rassemblant les pays de l’Opep et des partenaires non membres, a été signée lundi entre l’Arabie saoudite et la Russie. Une signature qui a eu lieu lors de la visite en Arabie saoudite du président russe Vladimir Poutine. Elle scelle ainsi un accord, approuvé il y a plusieurs mois entre les deux pays, visant à « renforcer la coopération et soutenir davantage la stabilité sur les marchés pétroliers », a indiqué le ministre saoudien de l’Energie le prince Abdel Aziz ben Salmane, lors d’une cérémonie solennelle devant les dirigeants des deux pays.
L’Arabie saoudite, chef de file de l’Opep, et la Russie, bien que non membre du groupe, coopèrent étroitement ces dernières années pour limiter l’offre de l’or noir et tenter d’en faire remonter les prix. Les deux pays ont d’ailleurs fait peser de leur poids pour prolonger l’accord de réduction Opep+ jusqu’à mars 2020. La signature de la charte opération Opep+ n’a toutefois pas eu d’impact positif pour les pays engagés dans cet accord. Bien au contraire, les prix du pétrole poursuivaient leur baisse hier pour redescendre jusqu’en dessous des 59 dollars. Dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre s’échangeait à 58,13 dollars sur l’Inter Continental Exchange de Londres, en baisse de 2,06% par rapport à la clôture de lundi. A New York, le baril américain appelé Texas Light Sweet pour livraison en novembre lâchait 2,02%, à 52,61 dollars. C’est donc une nouvelle amorcée en forte baisse par le marché, alors que la semaine d’avant avait été clôturée en forte hausse, sous l’effet de l’attaque d’un tanker iranien sur les côtes iraniennes qui avait hissé le brut au-dessus des 60 dollars. Le marché pétrolier confirme donc sa fragilité de ces derniers mois. Il reste toujours sous la pression de la guerre commerciale entre les deux pays qui plonge les investisseurs dans l’incertitude. Ces derniers se trouvent, en effet, face à une situation qui allie risques géopolitiques à une forte probabilité de ralentissement économique dans un futur proche. C’est dire que, tout comme la signature de la charte de coopération Opep+, l’annonce faite lundi par le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, à propos de la signature de l’accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis pour mi-novembre au Chili n’a pas pu, non plus, faire baisser le degré d’inquiétude chez les investisseurs. Vendredi, Washington avait annoncé avoir trouvé un accord partiel avec Pékin dans la guerre commerciale qui les oppose depuis plus de 15 mois, mais les contours de cette entente restent à préciser. Tout en soulignant qu’il privilégiait l’hypothèse d’un accord commercial, Steven Mnuchin a admis s’attendre à tout. « S’il n’y avait pas d’accord, les tarifs douaniers (prévus en décembre) entreraient en vigueur », a-t-il dit. « Les prix du pétrole sont sous pression et la guerre commerciale a un impact sur la demande de pétrole. Malheureusement, le président Donald Trump n’a rien de significatif à montrer », a fait remarquer Naeem Aslam, analyste de Think markets.