Alors que les syndicats de l’éducation réclament la prise en charge concrète et totale de leurs revendications socioprofessionnelles exprimées depuis des années, le président de la République a présidé hier un Conseil des ministres où plusieurs dossiers sectoriels ont été abordés, dont l’évaluation de la mise en œuvre de ses engagements en faveur des enseignants.

PAR MILINA KOUACI
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune avait ordonné, lors d’un Conseil des ministres, présidé en mai 2021, l’engagement d’un dialogue avec les différents partenaires sociaux en vue d’améliorer la situation socioprofessionnelle des affiliés au secteur de l’éducation, notamment les enseignants, à travers la révision du statut particulier des travailleurs. Suite à cela, le ministre de l’Education a installé une commission technique chargée de la révision du statut particulier et entamé une série de rencontres bilatérales avec l’ensemble des syndicats pour recueillir leurs propositions sur ce dossier. Depuis son installation, 34 rencontres bilatérales ont été organisées avec différents syndicats représentants toutes les catégories des travailleurs de l’éducation.
Mais depuis, des syndicats ne cessent d’exprimer leur «mécontentement» des conclusions de la Commission en charge du dossier, notamment le corps enseignant, qui estime que l’épineux dossier a été ouvert pour améliorer leurs conditions socioprofessionnelles, tout en imputant la responsabilité de la perturbation du cours de l’année scolaire à sa tutelle.
Hier, une intersyndicale constituée de onze syndicats a manifesté ses réserves des conclusions et soulevé des revendications liées à la révision du statut particulier qu’elle a demandé de satisfaire pour ne pas plonger le secteur dans une tension qui perturberait le déroulement de l’année scolaire.
Il s’agit en effet des directeurs de l’enseignement moyen (Cnadem), des directeurs des écoles du cycle primaire (Snadep), des censeurs des lycées (Snacel), du Syndicat des enseignants du primaire (Snapep), de l’organisation nationale des professeurs de l’éducation (Onpe), des travailleurs de l’éducation (Unpef, Snte, Sate, Snafe), des conseillers de l’éducation (Snace) et du Snapap.
Ces syndicats se sont réunis mercredi dernier et ont abordé l’actualité du secteur dans une conjoncture marquée par la «dégradation sans précédent du pouvoir d’achat», indique un communiqué rendu public hier.
L’intersyndicale exige, en effet, d’unifier la classification des enseignants des trois cycles d’enseignement, des corps d’inspection et d’encadrement administratif pour traiter «radicalement les dysfonctionnements du statut particulier et garantir la stabilité du secteur». Elle demande également de rendre justice aux catégories «lésées par les failles contenues dans le décret exécutif 12-240 du 29 mai 2012 modifiant et complétant le décret exécutif n° 315-08 du 11 octobre 2008 portant statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps spécifiques de l’Education nationale», en citant la classification, l’intégration et la promotion.
Les syndicats demandent par ailleurs de réduire le volume horaire des enseignants des trois cycles et plaident pour la valorisation de l’expérience professionnelle dans l’intégration et la promotion de toutes les catégories, ainsi que la valorisation des diplômes (licence-master et doctorat). Des revendications que le premier responsable du secteur s’était engagé à prendre en charge à maintes reprises. L’intersyndicale de l’éducation dénonce ce qu’elle qualifie de «révision partielle» du statut particulier des corps spécifiques du secteur et impute au ministère de tutelle la responsabilité de ce qui pourrait découler de cette démarche, en appelant la famille éducative à se mobiliser et à se tenir prêt pour la réussite d’éventuelle action militante en cas de non-satisfaction des revendications légitimes ».
Mais en dépit de l’importance de ce dossier, les syndicats estiment que la priorité est l’améliorer le pouvoir d’achat à travers le relèvement de la valeur du point indiciaire actuellement de 45 DA à 120 DA, ainsi que la création d’un Observatoire national du pouvoir d’achat et de l’indice de la cherté de la vie. n