L’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) procédera à l’installation des coordinateurs des délégations de wilayas au courant de la semaine prochaine, a fait savoir le président de l’Autorité, Mohamed Charfi, sans toutefois préciser le jour exact.

PAR INES DALI
Cela dépendra certainement d’autres facteurs, puisque les coordinateurs en question, en sus du fait qu’ils viennent à peine d’être nommés (vendredi dernier), vont devoir passer une formation qui leur permettra d’assumer la mission de délégation pour la supervision du déroulement du processus électoral en vue de la présidentielle du
12 décembre prochain.
D’où, les délégués de wilaya de l’Anie ne pourront, donc, entrer dans le vif des missions qui leur sont dévolues qu’environ un mois après l’installation de l’Autorité elle-même. Soit un mois après la mise en branle de la machine électorale.
Dans ce sens, il est utile de rappeler que la révision exceptionnelle des listes électorales devra prendre fin aujourd’hui, quinze jours après le début de l’opération dont la durée a été fixée par l’Autorité.
La session de formation dont bénéficieront les coordinateurs des délégations de wilaya devra débuter dans «les jours à venir», selon M. Charfi, qui précise que l’objectif, à travers cette session, est de «définir avec précision leurs prérogatives». C’est pourquoi, d’ailleurs, l’Autorité est en train de préparer un guide des coordinateurs qui leur sera distribué lors de la formation.
Une fois passée cette étape, les délégués de wilaya auront du pain sur la planche et, à n’en pas douter, une masse de travail importante à rattraper, surtout qu’ils ont la charge de superviser tout le processus électoral au niveau de leur wilaya. M. Charfi avait expliqué, lors d’une de ses récentes sorties médiatiques, que le retard accusé dans certaines des missions relevant de l’Autorité qu’il préside vient de la simultanéité du lancement de certaines opérations. Il a cité la convocation du corps électoral qui a eu lieu dans la soirée du 15 septembre dernier et la mise en place de l’Autorité nationale d’organisation des élections le lendemain seulement.
Le profil de ces coordinateurs, selon M. Charfi, a été choisi en fonction de leur compétence et, aussi, car faisant le consensus au niveau local. Ils ont été choisis parmi les jeunes diplômés et l’élite universitaire, a-t-il précisé, ajoutant que leur moyenne d’âge était de 48 ans, qu’ils sont tous titulaires d’un diplôme universitaire et jouissent d’une expérience professionnelle. S’exprimant lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation de la liste des délégués des 48 wilayas, il a indiqué que leur choix est, également, venu suite à une concertation au sein de l’Autorité.
Pour en revenir aux missions de ces coordinateurs, il a expliqué que ceux-ci jouissent, au niveau local, de toutes les prérogatives conférées à l’Autorité d’organisation
des élections, avant de souligner avec insistance qu’«ils sont responsables de tout le processus électoral au niveau de leurs wilayas respectives».
Lors de la conférence de presse, M. Charfi a mis en évidence les efforts consentis par l’Autorité et visant à réunir les conditions propices d’organisation d’une élection présidentielle honnête et transparente. Il a cité, dans ce sens, la mise au point de «la stratégie de l’Anie s’appuyant sur les moyens technologiques développés, pour faire en sorte d’être prémunie contre toute tentative de fraude lors des élections». Ne comptant pas seulement sur les moyens technologiques pour faire barrage à la fraude, il a lancé un appel aux jeunes du Hirak à s’impliquer dans cette opération, les invitant à «soutenir l’Autorité en matière d’encadrement des bureaux et des centres de vote».
L’ancien ministre de la Justice n’a pas manqué de rappeler que l’Anie a hérité des prérogatives de plusieurs départements ministériels impliqués auparavant dans l’organisation des élections, à savoir les ministères de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères. Elle est maintenant «seule responsable des décisions qu’elle juge appropriées», selon son président, qui a ajouté avoir «adressé près de 40 instructions aux différents organes de l’Etat, afin de faciliter et clarifier ses missions, notamment au vu du non-respect par certaines parties du nouveau régime électoral, ce qui a enregistré une incohérence en termes d’application des décisions de ladite Autorité». En réponse à une question relative aux déclarations de certains chefs de partis qui se sont montrés sceptiques par rapport à l’Anie, M. Charfi a affirmé que le rôle de cette dernière est d’assurer la garantie d’une concurrence loyale en veillant à la mise en place des conditions permettant d’atteindre cet objectif». Il convient de noter que l’Anie a enregistré 121 postulants à la candidature à la présidence de la République, entre chefs de partis et indépendants, à avoir retiré les formulaires de souscription des signatures individuelles. <