Par Feriel Nourine
Hier, trois jours après l’annonce par le Premier ministère du programme des dessertes retenues pour la réouverture partielle des frontières, à partir du 1er juin, la confusion continue de régner concernant le plan de vol mis en place par Air Algérie.
Si les modalités techniques et le coût financier qui en découle sont jugés excessivement contraignants par la communauté algérienne à l’étranger, l’absence d’une quelconque information sur ce dossier précis constitue un autre facteur d’angoisse pour les concernés.
Chargée d’apporter des informations complémentaires et des précisions nécessaires à la mise en œuvre du dispositif prévu à travers son site web, la compagnie nationale de navigation aérienne ne donnait toujours aucun signe sur ce registre, jusqu’à hier en fin d’après-midi. Ce qui témoigne des difficultés rencontrées pour gérer cette difficile étape de reprise des vols internationaux dans une conjoncture toujours marquée par de hauts risques sanitaires qui lui imposent un programme hebdomadaire très restreint face à une demande estimée à des milliers de passagers pour les seuls Algériens bloqués à l’étranger depuis la fermeture des frontières du pays.
Pour rappel, seules la France, la Turquie, l’Espagne et la Tunisie figurent sur la première liste des destinations retenues par les autorités algériennes. Lesquelles partageront, à partir de mardi prochain, un programme hebdomadaire de 6 vols dont 3 de et vers la France (Paris et Marseille) et 1 vol pour chacun des 3 autres pays.
Si des informations, non confirmées, avancent que les premières vagues de voyageurs transportés par Air Algérie seront composés par nos compatriotes détenteurs de billets, mais qui ont été bloqués dans ces quatre pays pour cause de la Covid-19, aucune information, par contre, n’a été livrée concernant le reste de l’opération, notamment en ce qui concerne la procédure retenue pour fixer les frais du confinement dans un hôtel et des tests PCR. Sur ce registre, Air Algérie aurait proposé un pack confinement englobant le prix du billet, les frais d’hébergement et le coût du test. Mais ses responsables étaient toujours en attente d’une réponse du comité de pilotage de cette opération.
Cependant, si la compagnie peut compter sur sa plateforme numérique pour effectuer des réservations pour ses clients et leur vendre les billets, la question se pose quant à la procédure qu’elle aura à suivre pour commercialiser le reste des produits inclus dans le supposé pack à l’étranger. Il y a question en la matière parce que le protocole mis en place par le Premier ministère oblige, justement, le voyageur à payer l’ensemble des frais avant son embarquement à destination de l’Algérie.
Il y a lieu de relever, par ailleurs, que la première étape de la réouverture des frontières laisse transparaître les signes d’une opération dédiée plus au rapatriement qu’aux vols commerciaux réguliers. En effet, en plus d’accorder la priorité aux voyageurs algériens bloqués outre-mer, elle concerne des pays qui comptent l’essentiel parmi ces derniers (à ne pas confondre avec la diaspora) et qui n’avaient pu bénéficier des premiers vols de rapatriement effectués par Air Algérie entre fin 2020 et mars 2021, avant que les frontières ne soient à nouveau fermées.
S’il ne s’agit pas d’une opération de rapatriement, mais plutôt de vols réguliers, les compagnies étrangères (Air France, Transavia, ASL Airlines…), qui assurent déjà des dessertes contenues dans le programme du gouvernement, devraient revoir chacune le leur et l’adapter aux changements opérés. Il s’agira de se conformer aux règles mises en place par l’Aviation civile internationale, de sorte à éviter les chevauchements dans le cadre de la réciprocité, font remarquer certains observateurs.
Dans la même logique, les compagnies Turkish Airlines, Tunis Air et les espagnoles Vueling ou Iberia, entreront à leur tour en piste de et vers Istanbul, Tunis et Barcelone à raison d’un vol hebdomadaire pour chacune d’elles.
A une semaine de la réouverture officielle des frontières et l’entame du programme hebdomadaire dégagé par les services de Abdelaziz Djerad, la situation continue donc d’évoluer au rythme des hypothèses et des spéculations, loin de toute information officielle qui puisse atténuer le calvaire que vivent, depuis de nombreux mois, plusieurs milliers d’Algériens en attendant d’atterrir sur le sol de leur pays et retrouver leurs familles et proches.
Seule certitude annoncée hier par le ministère du Tourisme sur les ondes de la chaine 1 de la radio nationale, 480 hôtels à travers le territoire national seront consacrés pour accueillir les voyageurs qui doivent observer une quarantaine obligatoire. <