Les unités hospitalières converties en structures d’accueil et de soins d’urgence pour les malades atteints du Covid-19 poursuivront leur service jusqu’à nouvel ordre et constat d’amélioration nette de la situation épidémique dans notre pays.
Face aux appels de nombreux spécialistes de la santé pour la réouverture des services transformés en unités Covid pour une reprise des activités de prise en charge des malades en dehors de la contamination à la Covid-19, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a tranché, par le biais du Directeur des services de santé du ministère, le professeur Lyes Rahal, également membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus. Ce dernier a déclaré que « la réouverture des services qui ont été transférés pour traiter la Covid-19 est impensable et prématurée à l’heure actuelle ».
Le Pr Lyes Rahal a expliqué, dans une déclaration que le maintien des unités Covid est dû au fait que « le ministère suit de près tous les développements épidémiologiques au niveau local et international et qu’il a bénéficié des expériences de la première vague épidémique dont le pays a été témoin ».
Toutefois, le responsable au ministère de la Santé assure que le ministère de la Santé a donné des instructions aux structures hospitalières pour garantir la prise en charge des cas les plus urgents ainsi que la continuité des activités des services dédiés à l’obstétrique et à la gynécologie, ainsi que les services de pédiatrie. Estimant que « pour le reste des cas qui peuvent être reportés, ils doivent attendre, compte tenu des risques pour les patients et les équipes médicales ».
Il précise, toutefois, qu’en plus du suivi médical à distance que les médecins garantissent à de nombreux patients des services qui ont été fermés à cause de la pandémie, des mesures nécessaires seront prises pour les cas les plus compliqués après évaluation de l’état des patients par les médecins sur la base de leurs recommandations.
Le Pr Lyess Rahal justifie la nécessité de reporter les cas de malades qui ne sont pas dans l’urgence médicale face « aux risques dus à cette épidémie mutante et croissante, car les conditions de santé des patients ne seront pas au même degré de complications que ceux contaminés par la Covid-19 ».
Le Directeur des services de santé du ministère poursuit son argumentaire concernant la nécessité de patienter encore avant la reprise des activités habituelles des différents services de santé transformés en unité Covid. « Même dans le contexte de l’accalmie actuelle marquée par une baisse de la propagation du virus et du nombre de contamination et de décès, il est essentiel de rester prudent et de ne pas jouer avec la santé des citoyens et des patients à l’heure actuelle », a-t-il indiqué. Ajoutant : « Ceci d’autant plus que nous sommes confrontés à une épidémie dont le monde n’a pas été témoin depuis 1918. Nous ne pouvons jamais prédire les formes ou mutations qu’elle peut provoquer dans les jours ou les semaines qui arrivent. »
Le Pr Lyes a ainsi rappelé les conditions exceptionnelles que l’Algérie avait connues lors de la deuxième vague marquée par une forte augmentation du nombre de contaminations avec pour conséquence la saturation des lits d’hôpitaux et des services de réanimation, ainsi que « du grand épuisement et de l’extrême fatigue des professionnels de santé qui travaillent sans interruption depuis près d’un an ». Par ailleurs, il a renouvelé les recommandations pour la continuité du respect strict des mesures préventives, même avec la disponibilité du vaccin. Expliquant encore une fois que « le port du masque et la distanciation physique et sociale restent les seuls moyens d’affaiblir la virulence du virus et de limiter sa propagation ».
Rappelons que dans le contexte de la pandémie de la Covid-19 et face aux risques de saturation des hôpitaux, afin d’assurer la continuité du système de santé, il a été procédé au renforcement des établissements de santé par des établissements supplémentaires dont les activités ont été temporairement suspendues et transférées, ainsi que l’ouverture de nouvelles unités au niveau de certains services, notamment des CHU et EPH, pour prendre en charge les patients de la Covid-19 et faire face au nombre croissant de cas confirmés.
Mais, selon de nombreux praticiens spécialistes, ainsi que des oncologues, la pandémie de la Covid-19 a lourdement impacté la qualité de la prise en charge des malades atteints de maladies chroniques, en général, et des cancéreux, en particulier. n