Lors de ces dernières sorties médiatiques, le Président Tebboune a rappelé que la question du schiste «a été instrumentalisée pour susciter la colère». «Je n’ai jamais dit que nous allions exploiter le gaz de schiste», a-t-il précisé, soulignant «avoir simplement relevé, chiffres à l’appui, que le développement et la croissance de l’Algérie nous ont amenés à consommer la moitié de notre production gazière». Et d’affirmer «la décision est subordonnée aux conclusions des experts, ce sont eux les spécialistes». L’exploitation du schiste dépend ainsi des avis des spécialistes qui pourront dire un jour si cette ressource est exploitable et jusqu’à quel niveau. Ce qui reste certain, c’est que la transition est devenue inéluctable. Dans le plan d’action du gouvernement, la question de la transition énergétique constitue un segment important pour l’avenir. Sur les hydrocarbures non conventionnels, le gouvernement annonce intensifier les efforts d’identification du potentiel que recèle le sous-sol, afin d’engager «les études appropriées» sur l’impact de l’exploitation de «cette richesse» au plan économique, social et environnemental.
Le gouvernement Djerad viserait l’intensification des efforts de prospection et de production des hydrocarbures ainsi que la diversification des sources énergétiques et ce à travers prioritairement le développement des énergies renouvelables et la promotion de l’efficacité énergétique. Une efficacité qui semble inévitable afin d’entamer la transition tout aussi inéluctable vers un modèle en adéquation avec la nouvelle réalité énergétique. Cette transition devrait permettre de s’affranchir «de manière progressive» de la dépendance vis-à-vis des ressources conventionnelles en voie de tarissement. Il s’agira en fait d’amorcer la dynamique d’émergence d’une énergie «verte et durable» qui s’appuierait sur les ressources inépuisables. Le gouvernement voudrait à l’évidence «changer le modèle énergétique» de production et de consommation, et aller vers une plus grande protection de l’environnement, par la maîtrise des coûts de réalisation des installations des énergies renouvelables. Le potentiel existant et les capacités d’absorption du réseau national de transport et de distribution de l’énergie électrique et de l’énergie d’origine renouvelable est connu et important. Ces objectifs ne sauraient se réaliser sans l’intensification de l’effort de recherche et d’exploration, y compris dans les zones offshores et le nord du pays, et aussi l’utilisation de méthodes de récupération assistée tout en garantissant la conservation des gisements. L’exploitation du schiste ne semble plus à l’ordre du jour. Mais les évolutions scientifiques futures en la matière pourraient vite la rendre possible. Le Président de la République avait déclaré que les expériences liées à l’exploitation de ce gaz seront évaluées «calmement», en impliquant les spécialistes et scientifiques sur cette question qui reste sensible.
Toutes les franges du peuple doivent savoir qu’il s’agit d’une richesse enfouie qui doit être exploitée, avait noté le Président de la République. «L’Algérie est considérée comme la deuxième ou troisième en réserves mondiales de gaz de schiste. Nous n’exportons pas de produits agricoles ni industriels… la porte est ouverte à l’exploitation de ce gaz et nous ouvrirons le débat avec les milieux influents» avait-t-il dit. Selon une récente révision des estimations d’Alnaft sur le potentiel algérien en gaz de schiste, l’Algérie dispose de 9800 Tcf (trillion cubic freet) de gaz de schiste, contre 6 000 Tcf auparavant, ce qui représente 707 Tcf de réserves techniquement récupérables. L’Algérie dispose ainsi d’importantes réserves qui la classe 3e au monde en matière d’hydrocarbures non conventionnels (gaz et pétrole de schiste).
Les hydrocarbures non conventionnels représentent environ 83% du total des réserves du pays en hydrocarbures et nécessitent des technologies spéciales d’un coût élevé.<