Alors que la Fédération algérienne de football (FAF), contrairement à la Ligue de football professionnel (LFP), a assuré que la saison blanche n’est pas à envisager, cela ne semble pas enthousiasmer tous les acteurs de la balle ronde. Les entraîneurs ont des avis mitigés à ce sujet.

Kheireddine Zetchi, patron de la FAF, a réitéré, lors de son entrevue tenue samedi dernier avec le Ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS) Sid-Ali Khaldi au siège de la tutelle, le souhait de de son instance. C’est clair, la structure footballistique n’envisage pas la fin de la saison et compte mener les 8 différents paliers des championnats nationaux à terme.
« Monsieur Khireddine Zetchi, Président de la FAF, a renouvelé cette position à Monsieur Sid Ali Khaldi, Ministre de la jeunesse et des sports (MJS) lors de l’audience qu’il lui a accordé le samedi 30 mai 2020 au siège de son département ministériel. D’ailleurs, plusieurs sujets d’actualité ont été abordés lors de cette réunion, dont l’examen des possibilités de reprise des activités sportives », pouvait-on lire dans le communiqué de la FAF qui ajoute que « monsieur le Ministre, qui a montré toute sa disponibilité et son écoute, devrait porter la feuille de route de la famille du football national au gouvernement et aux autorités sanitaires pour étudier les conditions de retour au jeu.»
Tout est conditionnel mais l’organe footballistique majeur du pays ne veut pas penser au scénario catastrophe. Est-ce la volonté de toute la famille de la balle ronde Dz ? Pas vraiment no,. Surtout qu’Abdelkrim Medouar, président de la LFP, n’a pas caché son pessimisme en indiquant que plusieurs présidents se plaignent d’une contexte économique difficile qui fait qu’ils soient plus partisans de l’arrêt définitif que le retour à la compétition.

Athlétiquement compliquée
Côté entraîneurs, la donne est la même. Mounir Zeghdoud, maître du banc de l’USM Alger, se dit « contre la reprise, alors que nous n’avons pas les moyens pour faire face à la situation sanitaire actuelle. Les responsables du football auraient dû privilégier la santé publique. Le football n’est qu’un jeu, ce sera difficile de reprendre.» Pour ce qui est de l’aspect technique, le driver usmiste estime que « Sur le plan de la méthodologie du sport, rejouer après quatre mois et demi, ou même plus, sera très difficile. Il y aura 5 à 6 semaines de préparation, il faudra d’abord effectuer un travail psychologique énorme pour remobiliser les troupes, d’autant plus que les joueurs ont perdu tout envie de retaper dans le ballon. Ce n’est pas évident, surtout qu’une éventuelle reprise sera en plein été, ce qui sera insupportable avec la chaleur.»
Quant à son homologue du MC Oran, Bachir Mecheri, il trouve que « la FAF a pris la bonne décision, d’autant qu’il reste encore huit matchs à disputer avant la fin de la saison, ce qui est énorme sur le plan sportif. Tout pourra basculer d’ici à l’épilogue, que ce soit en haut ou bien en bas du classement. Pour le MCO, nous avons toujours nos chances de terminer parmi les quatre premiers.» Le premier responsable de la barre technique des Oranais insiste, toutefois, sur la rigueur et le respect des consignes de prévention et les gestes barrières.
Mecheri note que les clubs « devront impérativement se soumettre aux mesures sanitaires de prévention pour éviter toute contagion. J’admets que la reprise ne sera pas facile, nous aurons à suivre un protocole strict jamais adopté auparavant, mais nous devons faire avec, face à cette situation, même si nous n’avons pas les gros moyens des pays européens.»
Comme Medouar a dit…
A ce propos justement, Zeghdoud relève qu’il sera « difficile de contrôler les joueurs, ils seront en contact permanent avec le monde extérieur, ce qui risque d’augmenter les chances de contamination au sein de l’équipe. Franchement, la compétition n’a plus de goût. Au début, j’étais pour l’idée de reprendre la compétition, histoire de boucler le championnat tant bien que mal, mais la situation a changé.»
Liyamine Bougherar a, lui aussi, évoqué le retour à la compétition en se projetant dans le temps. Le technicien de l’AS Aïn M’lila juge que « si le confinement sera levé le 13 juin, la reprise de la compétition se ferait vers la fin de juillet ou au début d’août, ce qui sera difficile sur le plan physique, en pleine période de fortes chaleurs. En plus, plusieurs stades de l’élite, dont celui d’Aïn M’lila, ne sont pas dotés d’éclairage, ce qui veut dire que les matchs seront programmés en diurne. Ce sera vraiment insoutenable.» Pour lui, il n’y a pas vraiment débat : « nous n’avons pas les moyens des pays européens. Il est primordial d’effectuer des tests de dépistage réguliers pour éviter toute mauvaise surprise. Je m’interroge vraiment si nous pourrons assurer ces tests dans l’optique d’une reprise dans de bonnes conditions.» C’est comme s’il avait paraphrasé Medouar. n