Mohamed Hadj Djilani a été reconduit au poste de 1er secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS). L’annonce a été faite, hier, par Ali Laskri, membre de l’instance présidentielle, lors d’une rencontre avec les syndicats autonomes.

M. Hadj Djilani a estimé que « le FFS sera toujours aux côtés de ceux qui luttent » même si, reconnaît-il, « la mission est dure ». La reconduction de Hadj Djilani au poste de 1er secrétaire national du FFS vient après le lifting apporté à l’instance présidentielle avec le départ, notamment, d’Aziz Bahloul, contesté par la base du parti. Cette nomination, estiment des militants du parti, «est une façon de reprendre le parti et lui redonner son lustre d’antan». «Le FFS est un parti d’opposition qui n’a pas le droit de dévier», ont-ils encore dit. Ils en veulent pour preuve le discours d’Ali Laskri devant des représentants d’organisations de syndicats autonomes, où il n’a pas été tendre avec le gouvernement. «Le 1er mai est synonyme de fête dans tous les pays du monde, malheureusement en Algérie, ce 1er mai comme tous ceux qui l’ont précédé, est un jour triste», a-t-il déclaré, ajoutant que «la révolution n’a pas profité à ceux qui l’ont faite, les travailleurs, ouvriers et paysans, en premier lieu». «Le constat aujourd’hui est que le régime a abandonné l’Etat social en prônant une politique libérale reniant ainsi les engagements de Novembre et de la Soummam», a-t-il déclaré. Evoquant le projet de loi sanitaire adopté par l’APN, Ali Laskri a estimé que son adoption « est une trahison à l’Etat social ». « Nous avons demandé au FFS le retrait immédiat de ce projet de loi. Nous le considérons anti national, anti social et anti constitutionnel, il consacre un recul sur les acquis sociaux des Algériennes et des Algériens et un recul graduel de la gratuité des soins », a-t-il dit, plaidant pour « un débat national et général » sur la question. Poursuivant, Laskri a souligné que, pour cette année, le 1er mai « coïncide avec la répression à la fois policière, judiciaire, administrative et bureaucratique », dénonçant « un pouvoir qui a actionné son ministère du Travail pour s’en prendre aux syndicats autonomes, en procédant d’une manière autoritaire et clandestine à l’exclusion d’une trentaine de syndicats, sous le prétexte fallacieux de leur non-représentativité ». Dans l’appel du  FFS aux travailleurs, il est écrit : «Vous avez été spoliés depuis l’indépendance de votre droit à l’autodétermination conquis de haute lutte par la Révolution de novembre, le droit de décider de votre propre vie et des choix politiques qui vous concernent.
Le libre choix démocratique des institutions, des politiques et des hommes qui doivent gouverner le pays a été nié puis détourné par des fraudes électorales systématiques qui vous ont conduits à boycotter les différents scrutins», expliquant, toujours à l’adresse des travailleurs, que «votre avenir et celui de vos enfants n’est plus dans le système corrompu et corrupteur actuel qui vous empêche d’exercer vos droits politiques, économiques, sociaux et culturels, mais dans son rejet et dans la construction d’une alternative démocratique avec les forces politiques représentatives d’opposition et les forces sociales autonomes». «Cette situation ne peut pas durer. Il faut que cela change. Vous devez redevenir l’avant-garde du combat, aux côtés des forces politiques et sociales autonomes, pour changer le régime et réaliser l’indépendance économique du pays avec la valorisation de l’agriculture et le soutien de l’Etat à tous les niveaux de production», a estimé Ali Laskri, avant d’appeler les journalistes «à dénoncer les pressions et la censure exercées sur la profession et à résister à la machine de propagande caractéristique de toutes les dictatures visant à contrôler les idées, les pensées et les esprits en transformant les médias en fabriques du consentement, de l’acceptation et de la soumission». Les invités du FFS ont tenu, pour leur part, à dénoncer «l’atteinte aux droits et à l’activité des syndicats exercée par le pouvoir».