Promises par le gouvernement au lendemain de la « crise de l’eau », qui a touché le pays l’été dernier, les deux nouvelles stations de dessalement d’eau de mer, l’une à El Tarf, parmi les wilayas les plus touchées par le stress hydrique, et l’autre à Zéralda, à l’ouest d’Alger, seront bientôt mises en chantier.

Avec ces deux nouvelles stations, le nombre d’unités de dessalement en Algérie sera porté à 13. L’avis d’appel d’off res y aff érent est actuellement en cours de rédaction, selon le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, qui s’exprimait, aux côtés du ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, à l’occasion d’un séminaire technique « sur l’expérience capitalisée par l’Algérie dans le domaine du dessalement d’eau de mer », organisé par Algerian Energy Company. Interrogé sur le montant de réalisation de ces deux projets, le ministre des Ressources en eau a indiqué qu’il est encore prématuré d’estimer l’enveloppe fi nancière, puisque le cahier des charges est en cours d’élaboration. « Algerian Energy Company, qui est le maître d’oeuvre des projets, est en train d’élaborer le cahier des charges.
Une fois achevé, les appels d’off res seront lancés », souligne Hocine Necib, qui précise que les entreprises nationales et étrangères ainsi que les entreprises privées peuvent soumissionner.
Pour rappel, les 11 stations de dessalement actuellement en service ont coûté à l’Etat près de 3 milliards de dollars. Par ailleurs, selon le ministre des Ressources en eau, les stations prévues auront une
capacité de production de 300 000 m3/ jour chacune sachant que la production actuelle des 11 stations de dessalement d’eau de mer en exploitation est de l’ordre de 2,1 millions m3. Avec l’apport de la station d’El Tarf et de Zéralda, la production nationale cumulée atteindra le volume journalier de 2,7 millions m3. « Ce volume de production devrait sécuriser les besoins du pays en eau potable », a expliqué le ministre.
Précisant qu’actuellement, « l’Algérie mobilise annuellement 10,4 milliards m3 d’eau destinés aux usages agricole (6,8 milliards m3/ an), domestique (3,3 milliards m3/ an) et industriel et de services (0,3
milliards m3/an)». Hocine Necib se montre plus précis : « Le volume global mobilisé annuellement provient des ressources souterraines à hauteur de 6,6 milliards m3 (64 %), les eaux superfi cielles avec un volume de production atteignant 3,189 milliards m3 (31 %), du dessalement d’eau de mer avec un apport de 0,561 milliards m3 (4,5 %) et enfi n des eaux usées épurées dont le volume est de 0,05 milliard m3 (0,5 %) ». S’agissant des futures capacités de stockage, elles atteindront, en 2020, un volume estimé à 9 milliards m3, notamment avec l’entrée en exploitation de 9 barrages en cours de réalisation.
Ce qui dotera alors l’Algérie de 84 barrages. Pour en revenir au sujet principal de la rencontre, « l’Algérie est devenue leader mondial dans le dessalement d’eau de mer ». « Nous avons accumulé une expérience, nous pouvons maintenant exporter notre savoir-faire », s’enorgueillit, de son côté, le ministre de l’Energie.
Il annonce la création d’une fi liale d’Algerian Energy Company, dont le capital sera détenu à 50% par Sonatrach et 50% par Sonelgaz. Cette nouvelle fi liale, selon Mustapha Guitouni, aura pour mission la maintenance et la production du consommable des stations de dessalement d’eau de mer. Dans la foulée, le ministre de l’Energie parlera des perspectives du Groupe Sonatrach qui ambitionne de s’attaquer à de nouveaux marchés à l’international.
« La Sonatrach est sollicitée pour s’associer à des projets dans des pays ayant des traditions dans le domaine des hydrocarbures, la Sonatrach est très demandée par des pays étrangers, nous avons des propositions de l’Irak », a cité comme exemple le ministre.