Malgré les nombreuses opérations de rapatriements des ressortissants algériens bloqués à l’étranger pour cause de pandémie de coronavirus, ils sont encore plusieurs milliers à ne pas avoir regagné le pays. Les dizaines de vols spéciaux effectués par la compagnie nationale Air Algérie n’ont finalement pas suffi et des efforts doivent encore être fournis pour faire rentrer à «la maison» toux ceux qui sont toujours loin de chez eux.

Ce qui risquerait de compliquer ou de retarder la poursuite des opérations de rapatriement, c’est la nouvelle donne apparue dans de nombreux pays, où des Algériens sont toujours coincés. Le rebond de la pandémie avec un variant du coronavirus dans ces pays pourrait constituer un véritable obstacle aux rapatriements prévus pour durer, pourtant, jusqu’à la fin du mois en cours, selon le programme établi par la compagnie nationale aérienne.
La situation s’est, en effet, compliquée avec ces cas du variant du coronavirus dans plusieurs pays et les mesures qui en ont découlé. On peut citer, à titre d’exemple, l’Angleterre qui a décidé un reconfinement total à partir d’aujourd’hui et jusqu’à la mi-février au moins pour lutter contre «la propagation du variant du coronavirus plus contagieux», ou encore l’Allemagne et l’Italie qui prolongent leurs restrictions, ainsi que la France où une dizaine de cas du variant ont été découverts.
Ces nouvelles données pourraient être de nature à compromettre le rapatriement des Algériens, encore nombreux, à être bloqués à l’étranger. Des appels de ces citoyens continuent d’être lancés sur le net pour attirer l’attention des responsables chargés de trouver une solution. Ces appels sont, certes, bien moins nombreux qu’avant, mais il n’empêche que chaque Algérien bloqué à l’étranger ne peut se résoudre à rester dans cette situation, le moins qu’on puisse dire, précaire et très difficile à vivre. Ils font part de leur «calvaire» et du fait qu’ils se soient retrouvés obligés de vivre pendant plusieurs mois chez leurs familles ou amis, alors que la catégorie des étudiants n’ayant plus de bourse se retrouve sans moyens d’assurer le paiement d’une location.
Une tragédie
C’est une véritable tragédie que vivent des milliers de concitoyens. Parmi les personnes toujours bloquées à l’étranger figurent de nombreux profils, dont des personnes parties pour un séjour de courte durée pour tourisme ou visite familiale, d’autres sont des malades partis pour des soins, en plus des étudiants, etc.
Concernant les Algériens à l’étranger pour études, il y a lieu de rappeler qu’un total de 770 enseignants et étudiants universitaires ont été rapatriés jusqu’en novembre dernier, dans le cadre des mesures prises suite à la propagation du coronavirus. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique avait alors indiqué qu’il n’y aura pas une deuxième prolongation des bourses d’études à l’étranger.
Jusqu’en décembre dernier, ils étaient environ 40 000 ressortissants algériens bloqués à l’étranger à avoir été rapatriés par la compagnie Air Algérie depuis mars dernier. Il en reste quelque 25 000 à rapatrier encore, selon le ministre de l’Intérieur, qui avait annoncé ce chiffre la troisième semaine de décembre. «Le nombre des Algériens bloqués à l’étranger et souhaitant regagner le pays augmente de jour en jour, atteignant actuellement 25 000 personnes», a-t-il dit, assurant que la compagnie aérienne déploie «de grands efforts pour mener à bien l’opération, en dépit des difficultés rencontrées, notamment avec la fermeture de l’espace aérien dans plusieurs pays, ce qui requiert l’obtention d’autorisations exceptionnelles».
Les efforts d’Air Algérie ont porté leur fruit puisque la compagnie avait publié son «programme détaillé des vols de rapatriement» des ressortissants algériens bloqués à l’étranger prévus du 23 décembre 2020 au 31 janvier 2021. Ces programmes de vols concernent la France (depuis plusieurs villes), l’Allemagne, l’Espagne, les Emirats arabes unis et le Canada.
Il faut savoir, par ailleurs, que plusieurs opérations de rapatriement ont été effectuées en décembre. Air Algérie avait programmé pas moins de 24 vols pour ramener les ressortissants algériens bloqués à l’étranger et des voyageurs souhaitant rentrer pour des motifs exceptionnels, selon les statistiques disponibles. Ces opérations se sont déroulées durant la période allant du 4 au 19 décembre depuis 7 pays, à savoir la France, l’Espagne, les Emirats arabes unis, l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie Saoudite et le Canada, rappelle-t-on.
Les citoyens concernés par le rapatriement devront satisfaire plusieurs conditions fixées par la compagnie aérienne, dont celles d’être détenteur d’un passeport algérien, d’être inscrit auprès des représentations consulaires algériennes à l’étranger et d’avoir un billet Air Algérie confirmé sur les vols de rapatriement. S’agissant des conditions d’ordre sanitaire, les ressortissants algériens bloqués à l’étranger devront être détenteurs d’une attestation de test PCR négatif effectué au moins 72 heures avant le vol. Ils sont également tenus de renseigner une fiche d’identification sanitaire qui est un document téléchargeable sur le site de la compagnie.
Quoi qu’il en soit, la question qui se pose avec l’apparition du variant du coronavirus, est-ce que les vols de rapatriement d’Air Algérie nécessitant une autorisation exceptionnelle et programmés jusqu’au 31 janvier, seront-ils compromis ?