L’Algérie s’apprête à recevoir de nouvelles doses du vaccin anti-Covid-19 Spoutnik V durant le mois en cours, de même qu’un autre arrivage du même antidote est attendu en mars prochain.

C’est ce qu’a fait savoir le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), Fawzi Derrar. Les prochaines doses, dont la quantité n’a pas été précisée, viendront compléter celles déjà reçues (50.000), jusqu’à atteindre les 500.000 doses de la commande faite pour le vaccin russe.
D’autres doses de l’anticoronavirus suédo-britannique AstraZeneca Oxford devraient être réceptionnées durant février courant, s’ajoutant ainsi au lot de 50.000 doses fourni la semaine dernière, selon l’annonce faite par les autorités du secteur sanitaire il y a quelques jours. Au vu de la bataille que se livrent les pays pour obtenir les quantités de vaccin souhaitées et le risque de voir les commandes détournées au profit des plus riches, le directeur général de l’IPA s’est montré rassurant quant aux relations qui lient l’Algérie et les laboratoires et pays auprès desquels elle a passé commande. Il a affirmé, dans ce sens, que «l’Institut bénéficie d’assurances de ses partenaires étrangers quant à la disponibilité du vaccin», lors d’une émission diffusée dans la soirée de vendredi sur la chaine de télévision publique.
L’Algérie devrait également recevoir plus de 2,2 millions de doses du vaccin AstraZeneca dans le cadre de l’initiative Covax auquel elle a adhéré en août dernier, selon un document publié par Covax, dans lequel il a répertorié les pays devant bénéficier de son initiative ainsi que les doses qui leur sont réservées. Il a, également, noté que les doses prévues pour chaque pays seront distribuées jusqu’en juin prochain. Le système onusien Covax, créé «pour une répartition juste et équitable de l’antidote», a dû revoir ses ambitions à la baisse, la production des grands laboratoires ne pouvant satisfaire la demande mondiale. Ses prévisions font état de la disponibilité de 1,2 million de doses du vaccin Pfizer-BioNTech au premier trimestre 2021, sous réserve de la conclusion d’accords supplémentaires, lesquelles seront complétées par des volumes plus importants du vaccin AstraZeneca-Oxford. Ce sont autant de données qui font que les accords bilatéraux avec les fabricants s’avèrent être salutaires et les accords directs qu’a conclu l’Algérie avec la Russie, la Chine et le laboratoire AstraZeneca versent dans ce sens. C’est grâce à ces accords bilatéraux que les premières doses de vaccins ont pu être livrées à l’Algérie, même si on parle de livraisons un peu faibles totalisant jusqu’à présent 100.000 doses.
La Chine fait don d’une quantité de vaccins à l’Algérie
Notons, par ailleurs, que l’Algérie recevra une quantité du vaccin chinois à titre de don. C’est l’ambassade de Chine en Algérie qui l’a annoncé, hier, dans une publication sur sa page facebook. C’est un autre exemple qui illustre le rôle des relations bilatérales qu’entretiennent les pays en cette conjoncture de pandémie et de course mondiale à l’antidote.
Intervenant dans la même émission que le directeur général de l’IPA, le Pr Kamel Mansouri, directeur général de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), a indiqué que l’Agence est «en train de procéder à l’enregistrement du vaccin AstraZeneca-Oxford». De même qu’elle a «entamé récemment les procédures d’enregistrement du vaccin chinois», a-t-il ajouté, mettant en avant que l’ANPP a pris des mesures spécifiques afin d’enregistrer les vaccins et permettre la signature rapide des contrats d’acquisition.
Saïdal en négociations
pour produire
le Spoutnik V
Le même responsable a révélé que le groupe pharmaceutique public Saïdal a entamé des négociations pour la production de Spoutnik V en Algérie. Des discussions sont «en cours entre Saïdal et un opérateur russe pour la production locale du vaccin anti-Covid-19 Spoutnik V», a indiqué le Pr Mansouri. Cette initiative est la deux du genre en Algérie, la première ayant été entreprise par le laboratoire privé Frater Razes.
Le directeur général de l’ANPP a expliqué que le but de ces initiatives est de «permettre la production locale de Spoutnik V pour le rendre disponible au profit de la population», reconnaissant, par la même occasion, que «l’éventualité de rencontrer des problèmes pour acquérir le vaccin au niveau mondial n’est pas à écarter». Si les discussions pour la fabrication du vaccin russe sont couronnées de succès, «une commission placée sous la tutelle du ministère de l’Industrie pharmaceutique doit accompagner les fabricants locaux afin qu’ils puissent produire le vaccin rapidement», a souligné le Pr Mansouri, assurant que le pays «possède les capacités de produire des vaccins à travers des processus chimiques mais aussi via la biotechnologie». Il a, également estimé que le vaccin russe Spoutnik V est «l’un des plus performants dans le monde en termes d’efficacité, avec de faibles effets secondaires», rappelant l’étude publiée la semaine dernière dans la revue scientifique The Lancet qui a fait état d’un taux d’efficacité de 91,6%.
Pour sa part, le directeur général de l’IPA a noté que l’objectif est de vacciner «75% des citoyens ayant plus de 18 ans, ce qui équivaut à 40 millions de doses nécessaires pour réduire considérablement la transmission du virus à travers le pays» sur une période d’une année. Il a relevé que la première phase de la campagne de vaccination concerne les zones où les taux de contamination sont les plus élevés, avant de passer à la seconde phase qui touchera les populations en zone de moindre contamination. n