PAR INES DALI
Un nouvel arrivage de vaccins a été réceptionné hier par l’Algérie. Il s’agit d’une quantité de 500.000 doses du vaccin chinois Sinovac, a indiqué Wahiba Hadjoudj, directrice générale de la pharmacie au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. De nouvelles quantités sont attendues tout le long de ce mois de juin, a-t-elle assuré, estimant que cela «permettra de couvrir la forte demande des citoyens en la matière».
Faisant le bilan du total des anticoronavirus réceptionnés depuis le début de l’opération d’importation des vaccins à la date du 30 janvier dernier jusqu’à la fin de mai, elle a affirmé que «nous avons reçu une quantité de 2,5 millions de doses». Selon toute vraisemblance, d’autres quantités devraient encore être livrées à l’Algérie en juin, sauf imprévu, comme cela s’est déjà passé.
«Nous attendons une réception supplémentaire de 3 millions de doses, ce qui portera le total de vaccins prévus d’être reçus jusqu’à la fin du mois de juin à 5,5 millions de doses», a encore révélé la directrice générale de la pharmacie sur les ondes de la Radio nationale, faisant savoir que l’Algérie a un calendrier prévisionnel de cargaisons qui seront reçues pratiquement chaque mois. «D’autres quotas conséquents seront reçus en juillet, août et septembre pour être approvisionné régulièrement, au fil des mois, jusqu’à arriver à l’objectif assigné à la fin de l’année en cours», selon les affirmations de la même responsable. Il s’agit des vaccins russe, chinois et d’AstraZeneca-Oxford.
Expliquant l’allocation du système Covax, elle a déclaré que c’est un programme qui est établi au début de chaque trimestre. «Nous avons reçu les 364.800 et 758.400 doses du vaccin Astra Zeneca, un programme qui a débuté en avril et s’est poursuivi en mai. Il se poursuivra encore en juin pour totaliser 1,88 million de doses» dans le cadre de Covax, a-t-elle indiqué.
Si la vaccination peut connaître un véritable coup de fouet après les vaccins réceptionnés récemment et ceux d’hier, il n’en demeure pas moins que le nombre de personnes ayant été vaccinées jusqu’à présent reste inconnu. On est resté au taux de vaccination estimé au maximum autour de 2% par le Dr Mohamed Yousfi, président de la Société algérienne d’infectiologie. Les chiffres ne sont toujours pas communiqués par les autorités sanitaires dans le bilan quotidien comme demandé par les professionnels de la santé, qui revendiquent, par ailleurs, que les autorités en charge de la vaccination leur communiquent le calendrier vaccinal. Ceci au moment où le nombre de cas infectés par les variants de Covid-19 (britannique, nigérian et indien) continuent de croître en Algérie.
Le nombre de cas de variants est «effrayant», selon le Pr Mehyaoui
Le professeur Riyad Mehyaoui, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, a abordé hier volet épidémique, soulignant que «636 personnes ont été infectées par la nouvelle souche de Covid-19», des chiffres qu’il a jugé «effrayant», car «le nombre contaminations par les variants s’est accru de façon très rapide». Une situation, selon lui, qui a incité à «imposer un contrôle maximal au niveau des aéroports aux personnes venant de l’étranger, surtout d’Asie, de peur qu’elles soient porteuses des souches mutantes du coronavirus».
Sur le chapitre de la campagne vaccinale, il a soutenu que «l’opération de vaccination en Algérie est continue», faisant remarquer qu’il n’y a eu «aucun décès». De même qu’«aucune complication grave n’a été enregistrée pour les personnes qui ont été vaccinées depuis le début de l’opération en janvier dernier». Il a rappelé, par la même occasion, que «l’ensemble de la population, sans exception, est tenu de respecter et d’appliquer les gestes barrières, y compris ceux qui ont reçu leur deux doses de vaccin». Concernant la situation épidémiologique de l’Algérie, avec des chiffres qui continuent de jouer au yoyo, tantôt en-dessous des 200 cas confirmés de coronavirus par jour et tantôt se rapprochant des 300 cas, le Dr Yousfi estime que «pour le moment, on peut dire que nous sommes dans une situation de stabilité en augmentation. C’est une situation inquiétante mais pas alarmante. On s’inquiète, c’est vrai, mais ce n’est pas l’alerte rouge ou la troisième vague».
«On voudrait revenir tout de même revenir à la situation d’il y a environ un mois et demi où on avait encore moins de 100 cas, c’est notre souhait. Le fait que ça augmente, c’est inquiétant. En fait, nous sommes dans une stabilisation dans l’augmentation, mais ce n’est pas une situation alarmante», a-t-il précisé, non sans noter que la vaccination est la seule arme pour se protéger contre le coronavirus. Comme ses autres confrères, le président de la Société algérienne d’immunologie plaide, lui aussi, pour plus de transparence concernant le nombre des variants dans les cas quotidiens ainsi que le calendrier vaccinal et le nombre de personnes vaccinées. Des observateurs s’interrogent si «la multiplication des appels à aller se faire vacciner n’est pas un signe de réticence des citoyens», alors que les professionnels de la santé préconisent une plus large communication sur la vaccination afin de convaincre les réticents.