Sur les 8 compagnies aériennes qui desservent la Chine, 6 ont décidé de suspendre cette liaison en guise de mesure préventive contre l’épidémie de Coronavirus qui sévit dans ce pays, rapporte Jeune Afrique sur son site Internet. Parmi ces compagnies, Royal Air Maroc, Rwanda et Kenya Airways.
De son côté, Air Algérie ne devrait pas tarder à suspendre, à son tour, ses vols vers la Chine, comme l’a rapporté Reporters dans son édition d’hier, citant une source responsable. Cette dernière nous a précisé que la suspension interviendra juste après le rapatriement total des Algériens se trouvant dans ce pays. « Air Algérie est en train de rapatrier les Algériens établis actuellement en Chine ou qui s’y trouvent en voyage ainsi que les ressortissants chinois en Algérie et une fois cette opération achevée, ses vols vers ce pays seront suspendus, en attendant le retour à la normale de la situation sanitaire », a expliqué notre source.
Vendredi, Air Algérie effectuait l’un de ses derniers vols en provenance de la capitale chinoise, avec à bord 90 passagers, entre Algériens et Chinois résidant en Algérie. Le même jour, l’avion spécial affrété par la compagnie nationale pour rapatrier les 36 Algériens bloqués à Wuhan n’a pu décoller, faute d’aval des autorités chinoises, mais aussi d’autres organismes impliqués dans ce type d’opérations, et à leur tête l’Association internationale du transport aérien (IATA). Cette dernière a déclaré suivre de « très près les développements liés à l’épidémie de coronavirus à Wuhan et collabore activement avec le Secrétariat de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et les Centres de contrôle et de prévention des maladies des Etats-Unis ». Hier, en fin d’après-midi, Air Algérie attendait toujours l’autorisation d’envoyer son avion rapatrier les 36 Algériens, à majorité des étudiants, bloqués dans la ville de Wuhan où le Coronavirus est né avant de se transformer rapidement en épidémie qui sévit dans plusieurs régions de la Chine et du monde. Du coup, l’ensemble des pays de la planète ont renforcé leurs systèmes de contrôle sanitaire, notamment au niveau des aéroports et des ports. En Afrique, et à l’instar de l’Algérie où un dispositif spécial a été mis en place au niveau de l’aéroport Houari-Boumediène, plusieurs pays ont installé des équipes médicales qui vérifient la température des voyageurs, sachant que le premier symptôme coronavirus est la fièvre. La situation évolue de cette manière alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié jeudi « d’urgence internationale » l’épidémie partie de Chine, qui s’est étendue à plusieurs régions du monde.
L’essentiel des cas de contagion directe entre humains a été observé en Chine. D’autres ont été rapportés au Vietnam, en Allemagne, au Japon, aux Etats-Unis et en France. « Notre plus grande préoccupation est que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles », a déclaré, à Genève, le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le risque de telles transmissions est « très bas dans les pays développés », souligne J. Stephen Morrison, du Centre pour les études stratégiques internationales (CSIS) à Washington. Cependant, si des cas étaient exportés « vers certains pays d’Afrique ou d’autres continents où les moyens de sécurité sanitaire sont limités, de gros foyers épidémiques pourraient alors éclater hors de Chine », redoute l’expert.
L’Afrique de l’Ouest a été touchée en 2014-2016 par la pire épidémie connue d’Ebola qui a tué plus de
11 000 personnes en Guinée, Sierra Leone et au Liberia et atteint dix pays, dont l’Espagne et les Etats-Unis. Cette fièvre hémorragique a aussi fait plus de 2 200 morts depuis sa réapparition dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) en août 2018.

Le cap des 250 morts dépassé
La Chine était hier de plus en plus isolée par la crise du nouveau coronavirus, les Etats-Unis et l’Australie sonnant la charge contre les voyageurs en provenance de ce pays, où l’épidémie a dépassé le cap des 250 morts.
L’Afrique et l’Amérique du Sud semblent encore à l’abri de l’épidémie qui a tué 259 personnes en Chine, après un nouveau record de 46 décès enregistrés en l’espace de 24 heures.
Le nombre de personnes contaminées en Chine a également augmenté, atteignant 11.791, soit plus de 2 100 nouveaux cas pour la journée de vendredi, a annoncé samedi la Commission nationale de la santé.
Washington a annoncé des mesures exceptionnelles pour fermer ses frontières ou imposer une quarantaine aux voyageurs revenant de Chine et notamment du berceau de l’épidémie — la ville de Wuhan (centre) et sa province du Hubei — selon qu’ils sont Américains ou non.
A partir de dimanche à 22H00 GMT, les autorités interdiront l’entrée sur leur territoire aux non-Américains s’étant rendus en Chine dans les 14 derniers jours, a décrété le ministre de la Santé Alex Azar.n