Les présidents des Chambres de commerce et d’industrie (CCI) des wilayas concernées par la nouvelle tranche horaire de confinement conviennent que cela va mettre à rude épreuve plus d’un industriel des régions concernées. C’est surtout dans les wilayas à fort potentiel industriel que la restriction de circuler de 15H à 7H du matin va sans aucun doute se répercuter négativement sur le pôle industriel de ces wilayas et non des moindres que sont Alger, Oran, Béjaïa, Sétif, Tizi-Ouzou, Tipasa, Tlemcen, Aïn Defla et Médéa, où l’on compte de nombreuses entreprises de production tous secteurs confondus. Comme il faut savoir que ces 9 wilayas regroupent presque les deux-tiers des entreprises que compte le pays, c’est dire de l’impact de l’élargissement de l’horaire d’interdiction de circuler sur l’activité économique. C’est d’ailleurs ce que nous ont souligné à l’unanimité certains présidents de CCI contactés par Reporters hier, tandis que d’autres étaient injoignables.
Pour Ghouat Boualem, président de la CCI de la wilaya de Béjaïa, «ce n’est pas tant la restriction dans l’horaire de leur activité qui les inquiètent, mais surtout, que cette mesure s’installe dans la durée, dans la mesure où certaines unités de production sont tributaires d’autres qui sont implantées dans les wilayas concernées. Et quand ce n’est pas le cas, les rotations d’approvisionnement en matière première vont certes diminuer et, partant, le risque d’arrêt des chaînes de production va s’élever». De son côté, le président de la CCI de la wilaya de Bouira, Aït Taach Mourad, n’a pas caché toute son inquiétude si le dispositif en vigueur venait à s’installer dans la durée. « C’est d’autant plus grave pour les minoteries, nombreuses dans notre wilaya. Elles vont sûrement connaître une baisse de leur chiffre d’affaires suite à la réduction du nombre de grossistes, lesquels préfèrent limiter leur rotation approvisionnement ». Le président de la CCI de la wilaya de Aïn Defla, Ghouat Boualem, a pour sa part mis en exergue que ladite mesure intervient au moment où les industriels de la région, notamment ceux versés dans la transformation de produits frais, s’attèlent à réceptionner les cueillettes. « Il y a donc risque pour eux de revoir à la baisse leur programme de production ».
Notons enfin, et selon nos sources, que la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) compte organiser des rencontres régionales pour débattre la situation à laquelle font face les industriels et prendre des décisions.