L’insistance de certaines formations politiques, fortement marquées par le système – qui semblent jouer ses dernières partitions -, à aller rapidement aux élections n’est pas pour ajouter à la crédibilité de l’option. Bien au contraire. L’adhésion quasi systématique de certains partis et autres personnalités connus comme avoir été de fervents partisans du cinquième mandat pourrait bien constituer davantage un handicap qu’une valeur ajoutée. L’option de l’élection présidentielle se serait bien passée du soutien de certaines personnalités pour qui l’adhésion même à l’idée la fragilise plus qu’elle ne la sert. Ces alliés encombrants feraient mieux de ne plus s’exprimer favorablement à propos d’une option politique cruciale pour l’avenir du pays. Les Algériens, particulièrement rompus aux pratiques du système politique en vigueur, savent allègrement, et l’expriment, de quoi il en retourne. C’est pourquoi, il reste difficile dans la situation de complexité actuelle d’éviter certaines questions de fond. Si la solution constitutionnelle «sans transition» comportait une promesse de changement de
«système», pourquoi suscite-t-elle un si prompt et large ralliement des milieux traditionnels du pouvoir ?
Le succès de l’option des élections rapides auprès des milieux
«carriéristes» ne vient-il pas justement de ce qu’elle constitue une garantie de continuité du même système ? Une élection présidentielle dans les conditions inchangées actuelles ne pourrait, à l’évidence, produire autre chose que des résultats similaires aux précédents. D’un autre côté, pourquoi un retour prompt vers le processus électoral ne suscite guère d’engouement populaire visible, et ce, malgré les assurances chaque fois exprimées, du moins verbalement ? Il est manifeste que les conditions actuelles ne présentent pas encore, aux yeux du plus grand nombre, des garanties suffisantes pour aller vers un véritable choix populaire. Et c’est bien à ce niveau – celui des garanties – qu’il faudrait œuvrer pour faire avancer les lignes.