Le mouvement Ennahdha, le Front pour la justice et le développement (FJD) et le Mouvement pour l’édification nationale (MEN) ont signé hier un document scellant leur « Alliance stratégique » sous l’appellation « Union pour le développement, la justice et l’édification ».

Cette alliance vise, selon le document lu par le président du groupe parlementaire du FJD, Lakhdar Benkhallaf, la concrétisation de 14 objectifs dont le plus important est « la préservation de la souveraineté nationale et de l’unité nationale et la défense des droits et libertés individuelles et collectives ».
Dans le fond, il s’agit d’un regroupement de formations islamistes sous la férule de Abdalllah Djaballah, un vétéran du mouvement qui rêve depuis longtemps de fédérer les forces de ce courant politico-religieux et conservateur. Leur initiative signale une nouvelle tendance dont l’autre marqueur est la réunification du MSP et du Front du changement, une formation créée par la dissidence de Abdelmadjid Menasra avant que ce dernier ne juge important de revenir dans le giron du parti au sein duquel il a vu le jour auprès de feu cheikh Mahfoud Nahnah et fait l’essentiel de sa carrière politique jusqu’à devenir ministre.
Dans le cas de l’Union pour le développement, la justice et l’édification comme dans celui du MSP « réunifié », c’est en perspective des législatives que sont entrepris les actions qui ont conduit à faire d’eux des pôles islamistes dont l’ambition est de créer des listes communes pour tracter le maximum de voix. Cette visée électoraliste vise à avoir le maximum de représentants et de députés pour la prochaine législature. On comprend dès lors pourquoi ses acteurs s’attachent tous à se couvrir du discours républicain et du respect des institutions du pays pour expliquer leur choix de rassembler leurs forces et mutualiser leurs atouts. Un grand nombre de sièges au prochain Parlement signifie de meilleures occasions de faire passer leurs idées et faire barrage à celles qui ne leur plaisent pas comme ils ont tenté de le faire par exemple, avec le courant conservateur présents dans les formations de l’actuelle majorité, contre la loi condamnant les violences contre les femmes.
La logique électoraliste n’étant qu’une étape, il n’est pas exclu que ces formations se dirigent vers une coalition de type stratégique visant à l’édification d’un programme commun.