L’Alliance nationale républicaine a décidé de faire cavalier seul aux élections législatives du 4 mai prochain. En effet, selon les explications fournies hier à Alger, le parti entend jauger de sa capacité à mobiliser qu’il compte faire valoir dans le cas d’une alliance éventuelle future avec les partis du courant moderniste, mais après le scrutin électoral du 4 mai prochain. L’ANR appuie ses propos en relevant que de 2 députés à l’origine, le parti compte actuellement un groupe parlementaire de 23 députés et quelque 600 élus locaux à travers le pays. 

Si Belkacem Sahli prend le soin de saluer diplomatiquement la constitution d’alliances islamistes, il ne dit pas moins avoir formé, comme c’était le cas en 2007, des listes communes avec l’UDR (actuellement MPA) et le MDS. Sur ce registre, il a dit à demi-mots avoir été trahi dans son effort, sinon fédérer, du moins faire partie d’une famille politique propre au courant moderniste, comme c’est le cas du courant islamiste, et comme ça peut être le cas pour les partis de gauche.
Faisant la promotion de la démarche participationniste et critiquant les partisans du boycott, Belkacem Sahli a déclaré que «le scrutin à venir s’annonce plus régulier que ceux qui l’ont précédé». A ce propos, le secrétaire général de l’ANR indique «constater des signes forts et des gages de législatives régulières et transparentes. La volonté politique existe». « Si cela s’avère faux, nous ne manquerons pas de l’exprimer publiquement», a-t-il ajouté, ne semblant pas du tout décontenancé par le spectre de la fraude annoncé avant terme par certains partis et visiblement optimiste sur l’audience du parti sur la scène politique et les résultats sur lesquels il table. «Si nous obtenons la majorité, nous accepterons volontiers de participer au prochain gouvernement. Dans le cas d’une minorité, nous nous plierons à la volonté populaire et nous nous rangerons dans la case de l’opposition parlementaire», a-t-il détaillé. « Le Chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika a présenté des garanties pour des élections régulières », a-t-il fait savoir, citant à l’appui «la constitutionnalisation de l’instance de surveillance des élections». « Le boycott ne sert pas les intérêts de l’Etat, ni le peuple, ni les partis qui appellent au boycott. Bien au contraire, il faut proposer une alternative à la souveraineté populaire », a-t-il argumenté. Hier au siège du parti à Alger, le  secrétaire général de l’ANR a réuni dans le cadre d’une conférence nationale les chefs de bureaux de wilayas auxquels il a donné plusieurs directives. Celles-ci portaient bien évidemment dans le commencement de la campagne de collecte des candidatures mais aussi d’une campagne de sensibilisation de la population à adhérer à «la démarche continue de pérennité des institutions de l’Etat et les réformes engagées ». «Les intérêts de l’Etat-Nation passent avant les intérêts partisans», a-t-il également clamé tout en disant espérer que les élus, locaux ou au Parlement, soient des «élus créatifs, capables de résorber la contestation sociale».