Vingt-cinq ressortissants afghans sont arrivés mardi à Kaboul à la suite de leur expulsion d’Allemagne, le deuxième vol charter du genre aux termes d’un accord signé entre les autorités européennes et afghanes, selon le ministère allemand de l’Intérieur.

L’appareil qui les transportait avec leur escorte de 79 policiers allemands, s’est posé peu après 07H30 locales (03H00 GMT) sur l’aéroport international de Kaboul, a rapporté à l’AFP un porte-parole de la police aéroportuaire afghane, Mohammad Adjmal Fawzi. Il avait fait état dans la matinée de 26 personnes expulsées, dont l’une souffrante et qui dès lors «pourrait être ramenée en Allemagne». En droit allemand, un malade ne peut être reconduit dans son pays et doit bénéficier d’un sursis pour raison de santé. Ces personnes ont toutes vu leur demande d’asile rejetée en Allemagne et sept d’entre elles sont des «repris de justice», selon le ministère allemand. Tous ont pu quitter l’aéroport de Kaboul librement après les formalités. Plusieurs réfugiés interrogés par l’AFP ont rapporté avoir été arrêtés lundi matin à l’aube et expédiés vers Kaboul avec un simple bagage ou petit sac à dos contenant leurs biens. C’est le deuxième charter de réfugiés afghans renvoyés vers leur pays d’origine malgré le conflit qui perdure et a fait 9.000 morts et blessés parmi les civils sur les neuf premiers mois de 2016 (après les 11.000 de 2015), selon l’ONU qui doit publier son rapport annuel d’ici la fin du mois. Une petite manifestation de 250 personnes s’est opposée lundi soir au départ de ces hommes à l’aéroport de Francfort, selon Sarmina Stuman du Afghan Refugees Movement, jointe par l’AFP. «L’Afghanistan est tout simplement en guerre, c’est pourquoi nous protestons contre les expulsions vers un pays comme l’Afghanistan», a-t-elle rappelé. Le ministre allemand de l’Intérieur Thomas de Maizière avait justifié en décembre l’expulsion des Afghans afin de «préserver le droit d’asile» dans son pays qui a été le seul en Europe à ouvrir largement ses portes aux réfugiés. Il avait argué que «les attentats des talibans visent les représentants de la communauté internationale et les forces de sécurité afghanes, pas la population civile».
L’Allemagne a vu arriver en 2015 et 2016 plus d’un million de demandeurs d’asile, dont un peu plus de 200.000 Afghans. Seuls les Syriens étaient plus nombreux. Un premier vol transportant 34 hommes était arrivé le 15 décembre à Kaboul, dont un tiers de repris de justice condamnés pour des crimes allant du vol à l’homicide, selon les autorités allemandes. Selon le ministère allemand de l’Intérieur, l’Allemagne compte 11.900 ressortissants afghans devant être expulsés, mais 10.300 d’entre eux bénéficient d’un sursis. Par ailleurs, 3.300 autres sont rentrés volontairement dans leur pays en 2016.