Des centaines de coureurs ont entamé hier, samedi; un ultra-marathon de la mémoire sur les 160 km de tracé de l’ancien Mur de Berlin, à l’endroit même où patrouillaient autrefois des gardes armés, entre barbelés et miradors. Les sportifs se sont aussi approprié les vestiges du Mur, élevé en quelques jours à l’été 1961. Mais cet ultra-marathon, s’il représente un défi physique hors norme, est surtout l’occasion de se souvenir de ses victimes. Pour sa 8e édition, quelque 500 participants de 32 nationalités différentes se sont élancés à 04h GMT. L’itinéraire passe notamment par la Porte de Brandebourg et le mythique Checkpoint Charlie, mais aussi par de nombreux monuments dédiés aux 138 personnes tuées en tentant de passer à l’Ouest. Chaque année, l’une des 138 victimes est choisie pour un hommage particulier : son portrait figure sur la médaille de ceux qui parviennent au terme de la course et une cérémonie a lieu sur le parcours à l’endroit exact de sa mort. L’an dernier, un hommage particulier avait été rendu à la plus jeune victime, Jörg Hartmann, un garçon de 10 ans abattu par les gardes-frontières est-allemands en 1966 alors qu’il tentait de rendre visite à son père à l’Ouest. D’un strict point de vue sportif, cet ultra-marathon relève du tour de force. «Il faut accepter le fait que l’on court pendant 24 heures», explique Nina Blisse, qui a terminé les éditions 2014 et 2015 en moins de
26 heures. Le record du parcours a été établi en 2014 par le Britannique Mark Perkins, en 13 heures et 6 minutes.