Quelques milliers d’opposants aux mesures sanitaires imposées par la pandémie de coronavirus se sont rassemblés dimanche à Constance, près de la frontière germano-suisse, pour manifester leur mécontentement face aux restrictions, après avoir la veille organisé une chaîne humaine. Les organisateurs, qui se présentent comme un rassemblement hétéroclite de «libres penseurs», ont toutefois annulé un défilé dans la ville prévu dimanche après-midi, selon la police. Ils se sont contentés de se réunir près des rives du lac de Constance et la participation semblait comme samedi bien en deçà des précédentes manifestations à Berlin avec plus de 20.000 personnes réunies alors, selon l’AFP sur place et les médias allemands. Dans l’après-midi, la police de Constance, déployée en nombre par crainte d’éventuels débordements, n’avait pas fourni d’estimation concernant le nombre de participants. La plupart des protestataires ne portaient pas de masque de protection mais respectaient une distance d’1,50 m comme leur ont imposé les autorités, selon des journalistes de l’AFP. Certains brandissaient des pancartes appelant à la «liberté!» ou dénonçant les mesures sanitaires prises par la chancelière: «Pour notre liberté. Contre la RDA d’Angela Merkel. 2.0». «Le fait que nous devions tous porter un masque, que les élèves soient obligés de porter un masque dans les écoles, c’est en quelque sorte le symbole le plus manifeste (…) d’une situation actuelle complètement gaga», s’indignait Uwe, 61 ans, parmi les manifestants. Samedi entre 10.000 et 11.000 personnes ont formé une chaîne humaine au bord du lac de Constance, à cheval sur l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche. Cette estimation, fournie par la police, ne concerne que les rives du lac du côté allemand. Mais la mobilisation est restée largement inférieure aux attentes des organisateurs qui ambitionnaient initialement de faire le tour du lac jusqu’à l’Autriche. Ces manifestations rassemblent une foule hétéroclite composée de militants anti-vaccin, de complotistes, de citoyens authentiquement préoccupés par les restrictions liées au Covid-19 mais aussi, et de plus en plus selon les autorités, de sympathisants d’extrême droite. L’une d’elles, fin août à Berlin, s’était soldée par des débordements qui avaient choqué l’Allemagne, plusieurs centaines de manifestants forçant des barrières de sécurité pour monter sur les marches du Reichstag, siège de la chambre des députés (Bundestag), Ces défilés interviennent en pleine recrudescence des infections en Allemagne, pays plutôt épargné par le nouveau coronavirus jusqu’ici.