Synthèse Lyes Sakhi
L’armée allemande compte acheter jusqu’à 35 avions de combat F-35 du constructeur américain Lockheed Martin, pour remplacer sa flotte de Tornado destinée à assurer sa mission nucléaire au profit de l’Otan, ainsi que 15 Eurofighter pour d’autres missions, a indiqué à L’AFP lundi une source parlementaire. Il est 3correct3 que Berlin a l’intention d’acquérir jusqu’à 35 avions F-35 et 15 Eurofighter, a indiqué cette source, sous couvert de l’anonymat, confirmant des informations de médias allemands. Les F-35 doivent principalement servir à transporter les missiles atomiques américains dans le cadre des opérations de dissuasion de l’Otan, tandis que les Eurofighter doivent prendre en charge surtout des opérations de brouillage électronique de systèmes de défense anti-aérien. L’annonce de ces achats intervient à l’heure où l’Allemagne confirme vouloir dépenser dès 2022 des sommes record pour son armée, sur fond de guerre en Ukraine, afin d’atteindre les 2% du PIB préconisés par l’Otan « dans les prochaines années », selon un projet de budget dévoilé hier lundi. Ce budget, qui doit être débattu au Parlement dans les prochains jours, prévoit pour cette année 50 milliards d’euros de dépenses militaires, un « record », selon une source gouvernementale. S’y ajoute un fonds exceptionnel doté de 100 milliards d’euros constitué dès 2022, mais qui sera utilisé sur plusieurs années. L’objectif est d’atteindre 2% du PIB dans les prochaines années.
En 2018, la première économie de la zone euro n’avait, en comparaison, consacré que 38,8 milliards d’euros pour sa défense. Ces dépenses ont progressivement augmenté ces dernières années pour atteindre près de 47 milliards l’an dernier. Après des années de sous-investissement, l’Allemagne a effectué fin février une volte-face historique, en raison de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe qui a fait figure d’électrochoc. Le chancelier Olaf Scholz avait alors annoncé une enveloppe exceptionnelle de 100 milliards d’euros pour moderniser l’armée, et l’objectif de dépasser les 2% de dépenses militaires dans le PIB.
Berlin maintient donc en 2022 le cap de dépenses budgétaires importantes, après deux années marquées par la pandémie de coronavirus qui ont nécessité un important soutien public à l’économie. Depuis 2020, l’Allemagne a en effet dû abandonner ses sacro-saintes règles de rigueur budgétaire, qui lui interdisent d’emprunter plus de 0,35% de son PIB chaque année, pour faire face à la crise sanitaire. Pour 2022, le gouvernement de coalition associant sociaux-démocrates, écologistes et libéraux table sur un nouvel endettement élevé à 99,7 milliards d’euros, contre 215,4 milliards en 2021. Mais ce montant pourrait s’alourdir dans la mesure où Berlin «élabore actuellement un programme supplémentaire destiné à atténuer les conséquences économiques de la guerre en Ukraine», indique-t-on au ministère des Finances. Ce plan pourrait comporter une baisse immédiate du prix de l’essence pour les automobiles, qui serait compensée par l’État, ont affirmé ce week-end des médias allemands, citant des sources gouvernementales, sans préciser de montant. Le gouvernement compte toutefois bien revenir à sa règle de frein budgétaire dès 2023, avec un nouvel endettement prévu de seulement 7,5 milliards d’euros. n