L’élection du 4 juillet sera sans aucun doute «reportée» ou «annulée». Ce cas de figure «autorise le chef de l’Etat à convoquer, à nouveau, le corps électoral et de fixer une nouvelle date pour l’élection présidentielle», selon Allaoua Laïb, professeur de droit à la faculté de droit d’Alger. Lors de son passage, hier, au forum «El Moudjahid», Laïb Allaoua, spécialiste en droit constitutionnel, s’est penché sur la question du «report» ou de «l’annulation» de l’élection du 4 juillet. Il précisera que la Constitution « autorise le chef de l’Etat dans ce cas à convoquer, à nouveau, le corps électoral et à fixer une nouvelle date pour l’élection présidentielle», soulignant que « le mandat du chef de l’Etat actuel prendra fin le 9 juillet prochain, mais la Constitution et les institutions constitutionnelles resteront à ce titre fonctionnelles ». Poursuivant son intervention, il expliquera que «le Conseil constitutionnel sera dans l’obligation de déclarer une situation de fait, en l’occurrence l’absence de candidats». «Cependant, l’institution n’a pas le droit d’arrêter l’élection présidentielle, de l’annuler, de la reporter ou de la suspendre», a-t-il précisé, ajoutant qu’elle «n’en a pas les prérogatives». Selon ces dires, «le Conseil constitutionnel ne peut annuler qu’un scrutin partiel dans le cas d’une fraude dans une commune ou un bureau de vote.
Il ne peut donc annuler un scrutin législatif ou présidentiel». L’invité du forum lancera une mise en garde : «On doit être prudent, vu qu’on risque d’être exactement dans la même situation qu’en 1992, lorsqu’on a mis entre parenthèses la Constitution, on s’est retrouvé devant l’effondrement de l’Etat algérien.» Ainsi, il a souligné l’impératif de «rechercher d’autres solutions tirées de la Constitution et d’initier des consultations pour l’application des articles 7 et 8, et ce, en réponse à la volonté et la souveraineté populaires». Toujours au chapitre du report ou de l’annulation, Laïb Allaoua expliquera que «les délais actuels ne seront pas suffisants pour tout mettre en place, notamment l’instance indépendante d’organisation de l’élection». A cela s’ajoute, bien évidemment, le boycott de cette présidentielle annoncé par plusieurs P/APC et magistrats. Dans de nombreuses communes, la révision des listes électorales n’a pas été effectuée sur décision des présidents d’APC. En conclusion, pour lui «l’élection du 4 juillet prochain n’est réalisable ni techniquement ni politiquement», car «il est impossible de tenir une élection présidentielle le 4 juillet dans les conditions qui marquent aujourd’hui le pays». Il estime que l’annulation de l’élection présidentielle du 4 juillet «sera une autre victoire du mouvement populaire qui s’ajoute à celle du renoncement de Bouteflika au 5e mandat, puis à la prolongation du 4e, suivi par sa démission, sans oublier celle de l’annulation de l’élection du 18 avril passé».