La Société islamique internationale de financement du commerce (Sifc), filiale de la Banque islamique de développement (BID), vient d’annoncer avoir accordé un prêt de 154 millions de dollars à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg). Ce financement permettra de payer, entre autres, le gaz naturel importé d’Algérie.
La Tunisie a accru, ces dernières années, son approvisionnement en gaz algérien pour satisfaire ses besoins de consommation énergétique interne qui ne cessent d’augmenter. Le pays importe déjà près de 50% de sa consommation. La ville historique de Sakiet Sidi Youssef, en Tunisie, est alimentée depuis vendredi dernier en gaz naturel à partir des réseaux algériens. Grâce à l’augmentation de ses capacités d’interconnexion électrique avec les pays voisins, dont le nôtre, qui lui vend de l’énergie électrique, la Tunisie est moins confrontée à des coupures d’électricité. Il n’en reste pas moins qu’elle fait face à une sérieuse crise énergétique, certaines compagnies pétrolières, dont une partie opère dans le pays depuis des années, étant à l’arrêt. D’autres ont vu leur activité décroître considérablement. Cela représente une réelle menace pour la production de brut en Tunisie, un pays dont la couverture des besoins énergétiques (gaz et produits pétroliers…) est fortement tributaire de l’approvisionnement extérieur. La Tunisie produit un peu plus de 110 000 barils par jour. En raison de la crise économique, le secteur pétrolier est en proie à des difficultés. Le volume des investissements dans la recherche et l’extraction de pétrole y a baissé de 52% en dix ans, alors que le déficit énergétique de la Tunisie est passé de 0,6 million de tonnes équivalent pétrole en 2010 à 3,7 millions de tonnes équivalent de pétrole (Mtep) en 2016. La Tunisie est extrêmement sensible à la conjoncture économique, avec peu de ressources naturelles et un marché intérieur limité.
Cette situation n’est pas près de s’améliorer et les chiffres publiés par différents organismes ne lui sont, hélas, guère favorables. L’Institut national tunisien de la statistique a indiqué, dans l’une de ses publications, que l’indice de la production industrielle de la Tunisie a baissé de 2,3%, essentiellement en raison de la chute brutale de 20,5% de la production de pétrole brut. Seul le tourisme y constitue une source de revenus. Mais un secteur ne peut parvenir à lui seul à redresser la situation. Il est bon de souligner que l’accord relatif au prêt de la Sifc a été signé à Tunis par le directeur exécutif de la Sifc, Hani Salem Sonbol, et le P-dg de la Steg, Moncef Harrabi, en présence du ministre tunisien du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Zied Laâdhari. Le prêt servira également à équilibrer les comptes de la Steg, qui se sont détériorés ces dernières années en raison notamment de la hausse des prix du baril de pétrole sur le marché international et de la dépréciation du dinar tunisien face au dollar américain et à l’euro. Le prêt accordé par la Sifc à la Steg s’inscrit dans le cadre de l’engagement pris par la BID de mobiliser une enveloppe de 1,5 milliard de dollars en faveur de la Tunisie. Cet engagement a été pris lors de la 43e session des assemblées annuelles du Groupe de la BID tenues en avril 2018 à Tunis. La Tunisie a, par ailleurs, signé il y a quelques mois, avec le groupe de la BID, un document de partenariat stratégique pour la période 2018-2020,
et cinq accords de crédit portant
sur des projets de transport de l’électricité, de construction de deux hôpitaux régionaux, de financement du commerce extérieur et de garantie de l’investissement, outre un don au profit des régions frontalières de la Tunisie.