Le ministre des Ressources en eau Mustapha Kamel Mihoubi confirme : «Il n’est plus possible d’assurer une distribution de l’eau dans la capitale selon le mode H24». Arguant dans ce sens : «La production actuelle est de 950 000 mètres cubes par jour pour des besoins estimés à 1 200 000 mètres cubes.

Par Bouzid Chalabi
Un déficit qui est devenu impossible à combler à court terme. Du coup, «l’alternative de revoir à la baisse le temps de distribution est devenue inévitable». Le ministre, qui s’exprimait hier sur le plateau sur une télévision privée, a par ailleurs indiqué que la nouvelle plage horaire de distribution qui va être mise en place «durera tout au moins jusqu’à la mi-automne prochain, «si d’ici là les ressources conventionnelles enregistrent des apports par une pluviométrie». Tout en rassurant les populations de la capitale que les temps de distribution à chaque zone géographique de la capitale ne seront pas fixes, mais selon le mode «turnover», «c’est-à-dire un système de rotation de quinze jours sera établi par souci d’équité». Ajoutant dans cet ordre d’idées : «Le maintien du H24 avec les capacités actuelles de production aurait de graves conséquences techniques sur nos équipements qui assurent une répartition de l’eau à la même pression. En clair, maintenir un H24 avec un déficit de l’offre peut mettre à l’arrêt tout ou en partie des réseaux de distribution. Et donc, il devenait plus indiqué de réduire le temps de distribution.»
Interrogé sur le cas où nos ressources conventionnelles (barrages) venaient à enregistrer une régression en termes de volumes emmagasinés, faute de pluviométrie à l’entame et pendant l’automne, quelle sera le plan «B» envisagé ? Le ministre a tout de go avancé : «Nous avons prévu ce cas de figure.» Et de rapporter : «Nous avons déjà décidé de rationaliser le puisage des eaux des barrages qui assurent l’alimentation en eau potable de la capitale. Et ceci par mesure de précaution dans les barrages de la région qui n’enregistrent aucun apport d’ici la saison automnale.» Et de rappeler dans la foulée : «Les eaux conventionnelles assurent à hauteur de 60 % les besoins en AEP de la capitale. Et devant le stress hydrique qui a fini par devenir une constante dans le pays, il devient impératif de ne plus trop compter sur les eaux conventionnelles mais trouver une alternative.» Pour Mihoubi, la solution la plus idoine «serait de créer tout au moins deux stations de dessalement dans l’urgence». Et d’expliquer dans ce sens : «C’est d’autant plus faisable en optant pour la mise en place de station de dessalement modulaire (flottante) qui, contrairement à celles classiques, dont le temps de réalisation peut atteindre parfois quatre ans, les modulaires sont certes de petite capacité de production mais opérationnelles au bout d’une année». Et sur ce dernier point, il a signifié avant de clore ce chapitre : «C’est donc là tout l’intérêt de cette option en attendant la réception des projets des grandes stations de Tipasa et de Cap Djenet.»
Interpellé également sur le limogeage des responsables de la production et de la distribution auprès de la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal), le ministre explique : «Le réseau a connu depuis quelque temps des irrégularités tant en l’amont (production) qu’en aval (distribution) et il fallait donc identifier les parts de responsabilités dans les défaillances constatées. Il s’est avéré que ces deux directeurs n’ont pas assumé leurs responsabilités. Et ainsi il a été mis fin à leur mission.» Notons enfin que le ministre est revenu sur l’hypothèse d’une revue à la hausse des tarifs de consommation de l’eau. Il considère que «cela est nécessaire car le coût à la production, notamment de l’eau potable issue du dessalement, reste élevé». Dans cette perspective, il a conclu : «Si une nouvelle tarification est décidée, elle doit être prise après une large concertation car toutes les parties prenantes ont leur mot à dire». <