La wilaya d’Oran enregistre un déficit de plus de 100.000 m3 par jour en ressources en eau, a indiqué mardi le directeur général de la Société de l’eau et de l’assainissement d’Oran (SEOR). La situation a poussé la SEOR à renoncer temporairement au système de H24 pour l’alimentation en eau potable (AEP), a expliqué Oussama Heleili, lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’entreprise.
Une grande partie de la wilaya a connu d’importantes perturbations en AEP. Dans l’incapacité de couvrir les besoins de la population oranaise, estimés à 550.000 m3 par jours, la SEOR se voit dans l’obligation de retourner au système de rationnement, d’un jour sur deux, voir un jour sur trois, pour l’alimentation en eau potable, a-t-il précisé, notant que «les ressources disponibles actuellement ne dépassent pas les 450.000 m3, le déficit étant ainsi évalué à 100.000 m3».
La nouvelle programmation, en cours d’étude, sera mise en place dans les prochaines jours de façon «juste et équitable», a assuré le responsable. Ce déficit est dû notamment à la rareté des pluies, qui a conduit à la baisse du niveau d’eau dans les barrages (le barrage de Chelif et la cratère de Dzioua notament), et l’insuffisance de la production de la station de dessalement d’eau de mer (SDEM) d’El Mactaa, qui ne dépasse pas les 360.000 m3 par jours (répartis entre les wilayas de Mascara et Oran). Théoriquement la SDEM dispose d’une capacité de production de 500.000 m3, a rappelé pour sa part le directeur adjoint de la SEOR, Houari Khoudja.
Les ressources en eau disponibles actuellement sont estimées à 450.000 m3, dont 270.000 m3 provenant de la SDEM d’El Mactaa, 50.000 m3 de Kahrama, 100.000 m3 de Chat el Hilal, en plus des ressources locales, a détaillé M. Khoudja. Pour stabiliser l’AEP et pallier à l’apport du barrage de Cheliff, arrivé au stock mort, la SEOR a demandé de renforcer ce dernier par le barrage de Gargar (Relizane), et attend que la tutelle valide sa demande, a fait savoir le DG de la SEOR. Interrogé sur les coupures de l’eau que connaît la wilaya d’Oran depuis le 13 octobre, M. Heleili a expliqué que les coupures dans le côté Ouest sont dues à des travaux de maintenance sur une conduite principale de Tafna, qui ont duré «plus que prévu», ajoutés à un arrêt complet du système MAO (Mostaganem-Arzew-Oran), en raison du dessèchement du barrage Cheliff, ce qui a causé des coupures dans le côté Est. Sur un autre registre, le DG de la SEOR a indiqué que son entreprise a cumulé des créances de 5.5 milliards de dinars. La crise sanitaire due à la Covid-19 a fait grimper ces créances en flèches, estimées à 4.2 de milliard de dinars avant la pandémie, a-t-il souligné, ajoutant que le taux de recouvrement est passé de 92% à 70%. n