L’Algérienne des eaux (ADE) croule toujours sous le poids des créances impayées estimées à  50 milliards de dinars, dont 28 à  30 milliards de dinars recouvrables, a indiqué jeudi son directeur général, Ismaïl Amrouche.

Un montant donc en hausse, puisqu’il était estimé à 46 milliards en 2017. Face à cette situation qui affecte la santé financière et le bon fonctionnement de cette société, ralentissant les opérations d’équipement et de maintenance (remplacement des pompes, réparation des fuites…), l’ADE a lancé des opérations de recouvrement de ces créances, dont 9 milliards de dinars devraient être recouvrés auprès des communes à travers le territoire national avant la fin 2018, a souligné M. Amrouche, dans une déclaration à la presse, en marge de l’inauguration du siège de l’unité ADE de Mascara. Cette opération a été lancée après que les contrôleurs financiers des communes ont été instruits par le Premier ministre de régulariser les créances, de même que les ministères de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire et des Ressources en eau qui ont été invités à coopérer. Selon des chiffres déjà communiqués par l’ADE, le total des factures impayées par les collectivités locales était estimé à 13 milliards de dinars en 2017, alors que celles des ménages à 29 milliards de dinars, soit près de 63% du montant global des créances détenues par cette entreprise auprès de l’ensemble de ses clients.
Concernent les problèmes de pénurie d’eau, le premier responsable de l’ADE a indiqué que les mégaprojets réalisés par l’Etat dans toutes les wilayas ont permis de régler la situation et que l’agence qu’il dirige «s’attelle à améliorer la gestion et la qualité de l’eau et à réduire les déperditions estimées actuellement à 30% du volume mobilisé». Dans ce sens, M. Amrouche a fait savoir que ce taux de déperdition est dû aux fuites (50%) et aux raccordements anarchiques (50%), ajoutant que «l’ADE œuvre à mettre fin à ces deux phénomènes en mobilisant toutes ses capacités humaines et matérielles», avec l’objectif de «réduire le taux de fuites sur son réseau d’eau de 30% à 18% d’ici 2030».
«Le taux de pertes actuellement est de l’ordre de 30%.
Toutes les opérations qui sont en cours, projetées ou financées, tendent à ce que, d’ici 2030, nous ramenions le taux de fuite à un taux acceptable qui se situe entre 18 et 20%», avait indiqué, en mai dernier, le directeur général de l’ADE, ajoutant qu’un financement annuel de  5 à 10 milliards de dinars a été demandé dans cette optique.
Pour rappel, à la mi-octobre, le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, avait présidé une réunion avec les cadres de son secteur pour exhorter ces derniers à faire plus d’efforts pour engager les réparations des fuites d’eaux dans les plus brefs délais et lutter contre les raccordements illicites.