Par Nadir Kadi
La Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal) a fait savoir, hier, par la voix de son vice-président Amine Hamdane, qu’elle sera en mesure, dès aujourd’hui et durant la saison estivale, d’alimenter quotidiennement en eau près de 80% de la population de la capitale. Le responsable a précisé que l’agence avait mis en place un nouveau programme de distribution pour la capitale suite à l’augmentation des capacités de production des usines de dessalement d’eau de mer. «La politique suivie par les hautes autorités du pays visant à diversifier les sources d’approvisionnement et d’augmenter la production d’eau dessalée permet, aujourd’hui, à la Seaal d’améliorer son programme de distribution», a fait savoir Amine Hamdane qui ajoute que la capacité de production d’eau par dessalement est passée de «750 m3 par jour à 920 m3 par jour». Des capacités qui permettent aujourd’hui «d’assurer une alimentation quotidienne pour 80% de la population de la capitale (…) Nous espérons que durant l’été les capacités de production arrivent à 970 m3 par jour». La Seaal, chargée de la gestion et de la distribution de l’eau potable au niveau de la capitale, bénéficie, pour rappel, d’un quota sur la production des 14 usines de dessalement du pays. Le programme national du secteur des ressources en eau prévoit, par ailleurs, d’augmenter le nombre d’installations de dessalement à 19 centrales à l’horizon 2024.
Par ailleurs, il est à rappeler que le système d’alimentation en eau est aujourd’hui basé sur un mix entre les réserves des barrages, des eaux issues des forages d’appoint et de la production des stations de dessalement. Cette dernière source devrait, cependant, largement augmenter dans les années à venir. L’objectif étant qu’au moins 50 % des besoins en eau potable nécessaire à l’alimentation des populations soient assurés à partir de l’eau de mer dessalée avant la fin de la décennie, avait fait savoir, en juin 2021, le Secrétaire général du ministère des Ressources en eau, Ismaïl Amirouche. Quant à l’augmentation relative des quantités d’eaux emmagasinées par les barrages et retenues d’eaux suite aux dernières précipitations, elles semblent avoir donné une plus grande marge de manœuvre mais ne constituent, cependant, pas une source d’eau potable suffisamment sûre et prévisible.
En effet, les derniers chiffres communiqués, début mai, par l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT) laissent apparaître que le taux de remplissage des près de 80 barrages et retenus d’eau du pays était de 44,52% de leur capacité. Un chiffre, certes, en augmentation par rapport au taux de 26% à la fin de l’été 2021, mais qui reste encore limité pour une alimentation en eau exclusivement basée sur les barrages, le volume actuellement retenu avoisine, en effet, les 2,6 milliards de mètres cubes alors que le volume de remplissage théorique de l’ensemble de retenues est de près de 7 milliards de mètres cubes. n