Par Bouzid Chalabi
Le volume total de son, issu de la trituration du blé tendre et dur, au niveau des 400 minoteries que compte le pays se chiffre annuellement par centaines de tonnes et, pourtant, cet essentiel aliment de bétail fait l’objet, depuis quelques mois, d’une intense spéculation rendant son prix inaccessible pour les éleveurs d’ovins et de bovins, à 4 700 DA le quintal au lieu de 1 800 DA, prix plafonné par l’Etat auprès des meuneries. Un état des lieux auquel compte mettre fin le ministre de l’Agriculture et du Développement rural Abdelhafed Henni.
Ce dernier vient, en effet, d’annoncer comment son département s’y prendra. «Les minoteries vont devoir, dès la prochaine saison, redistribuer 60% des quantités de son qu’elles produisent et uniquement aux éleveurs de bovins et d’ovins sans exception à cette directive», a-t-il expliqué lors d’une plénière du Conseil de la nation, consacrée aux questions orales qui s’est déroulée jeudi dernier. Toujours dans cette perspective, le ministre a rapporté que son département «œuvrera à l’avenir à revoir les opérations de distribution du fourrage, notamment le son, aux éleveurs afin de casser le monopole détenu par les intermédiaires sur ces matières et qui sont à l’origine de la pénurie et, par ricochet, de la flambée des prix sur les compléments d’aliment du bétail. «Dans ce contexte, nous avons jugé impératif de renforcer le contrôle sur le terrain à même d’annihiler la spéculation sur le son. Autrement dit, couper l’herbe sous les pieds des auteurs du commerce illicite car proposant des prix exorbitants depuis qu’ils ont fait main basse sur cet aliment du bétail fort demandé par les éleveurs, un complément indispensable pour assurer aux bêtes une bonne croissance et dans les temps.»
Toujours à propos de spéculation, Abdelhafid Henni a rappelé que les services de sécurité avaient saisi, ces derniers temps, dans plusieurs wilayas, des quantités «considérables» de variétés de fourrage stockées et destinées à la rétention, afin de provoquer une pénurie sur les aliments de bétail et faire gonfler les prix dans le circuit commercial parallèle». Comme le ministre a indiqué dans ce sillage : «Ces saisies nous ont incité à renforcer le contrôle sur les quantités d’aliments accordées aux éleveurs.»
A propos de la disponibilité du fourrage, le ministre a rassuré que l’Office national des aliments de bétail (Onab) va approvisionner les éleveurs en fourrage composé d’orge et de son et de maïs, à des prix hors taxes, voire même subventionnés sur l’orge, un aliment d’appoint pour le cheptel ovin et bovin notamment quand le foin se fait rare. Sur ce dernier point, le premier responsable du secteur de l’agriculture a évoqué le dispositif tripartite associant les éleveurs, les abattoirs et l’Onab, lequel permet aux éleveurs de bénéficier, à travers un contrat de partenariat qu’ils ont signé, d’acquérir du fourrage à base d’orge subventionné. C’est-à-dire à 2 600 DA le quintal contre l’approvisionnement à l’Algérienne des viandes rouges (Alviar) en têtes ovines, en vue d’assurer la régulation dans le marché de la viande rouge ovine et du coup permettre aux consommateurs de s’alimenter en produits carnés frais à des prix variant entre 1 100 DA et 2 200 DA le kilogramme.
A une question sur la cherté des engrais produits localement ou importé et leur rareté sur le marché local, le ministre a fait savoir que son département avait procédé à la révision du prix de référence de tous les engrais, notamment les engrais de large utilisation. Toujours dans ce même chapitre, M. Henni a également rappelé l’accord conclu par son ministère avec la Société Asmidal, en vue d’assurer les approvisionnements du secteur en cette matière, notamment les branches stratégiques.