Les déclarations appelant à des mesures d’apaisement en vue de favoriser le dialogue et d’élaborer une Constitution consensuelle servant de socle solide pour l’édification d’une nouvelle République sont toujours d’actualité. Les différentes consultations qu’a eues le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avec des personnalités, partis et autres vont toutes dans ce sens.

Le dernier en date à avoir été reçu par le Président Tebboune est le moudjahid et ancien ministre Ali Haroun. L’entrevue a porté sur les mêmes axes de concertation qu’avec les autres personnalités, à savoir «les différentes questions liées aux affaires nationales» et «la révision de la Constitution». Ali Haroun, en sa qualité de juriste, d’avocat international et d’ancien responsable d’Etat, a formulé «des propositions pour la révision de la Constitution et donné son point de vue dans le cadre des efforts consentis pour insuffler un nouveau départ à notre pays à la lumière d’une nouvelle République répondant aux aspirations du peuple», selon un communiqué de la présidence de la République rendu public mercredi dernier.
Les revendications qui reviennent comme un leitmotiv et que tous ont fait valoir auprès du chef de l’Etat sont les mesures d’apaisement avec à leur tête la libération des détenus d’opinion ainsi que le rétablissement de la confiance. En fait, ce sont, entre autres dispositions à prendre, ces mesures d’apaisement prônées par tous qui sont à même de conduire au rétablissement de la confiance entre le citoyen et les dirigeants. Une confiance qui s’est effritée, au fil du temps, durant les dernières années où la gestion des affaires de l’Etat a été fortement contestée et catégoriquement rejetée par la population, sortie en masse il y a près d’un an, le 22 février 2019. Rompre avec les pratiques du passé est la seule façon de rétablir la confiance. Mais avant cela, il est certain qu’aller vers un apaisement tel que préconisé par les personnalités et chefs de partis servira à calmer les esprits et, partant, à contribuer à renouer le fil rompu de la confiance et à atténuer, dans un premier temps, la méfiance toujours de mise.
A ce titre, Mme Z’hour Ounissi, écrivaine, militante et ancienne ministre, qui a été reçue par le Président Tebboune mardi dernier a, elle aussi, plaidé dans le sens de l’apaisement et du rétablissement de la confiance. Elle s’est dit pour «une plus grande mobilisation des efforts en vue d’instaurer la confiance entre gouvernants et gouvernés», selon ses déclarations reprises par un communiqué rendu public par la présidence de la République. Elle a, également, déclaré au chef de l’Etat que c’est «à travers un large dialogue partant de la réalité» qu’on aboutira à «un changement graduel en réponse aux aspirations du peuple, dans un climat de solidarité nationale, de sens de responsabilité et de sacrifices nécessaires pour la gloire de la patrie».
L’entretien qu’a eu Mme Ounissi avec le chef de l’Etat était également l’occasion d’évoquer «l’encadrement de la société civile en faveur du citoyen, grâce aux nombreuses associations existantes, comme Iqra, celle de protection du consommateur et bien d’autres en rapport avec le quotidien du citoyen». L’audience a permis de passer en revue «la situation générale du pays et l’échange de vues sur le processus de révision de la Constitution, initié par le Président de la République (…)», indique la même source, avant d’ajouter que l’ancienne ministre a «salué l’attachement du Président à écouter les avis et conseils de la classe politique, de la société civile et de personnalités nationales au parcours reconnu dans la gestion des affaires de l’Etat, toutes institutions confondues, depuis l’indépendance». Ces consultations, rappelle-t-on, font suite à celles entreprises par le Président Tebboune qui s’est entretenu, durant le mois dernier, avec Ahmed Benbitour et Mouloud Hamrouche, tous deux anciens chefs de gouvernement, Abdelaziz Rahabi, ancien ministre et ambassadeur, Ahmed Taleb Ibrahimi, ancien ministre des Affaires étrangères, Soufiane Djilali, président du parti Jil Jadid, Karim Younès, ancien président de l’APN et coordonnateur de l’instance nationale de médiation et de dialogue, ainsi que Youcef Khatib, ancien moudjahid chef de la Wilaya IV historique.
Ce qui ressort, d’une façon générale, des différentes entrevues de M. Tebboune, outre les propositions formulées pour la révision de la Loi fondamentale du pays, c’est l’instauration d’un climat de confiance en passant par la prise de mesures d’apaisement avec à leur tête, la libération des détenus d’opinion du Hirak.
Il y a, certes, eu une vague de libérations des détenus du mouvement populaire, dont le moudjahid Lakhdar Bouregaâ, ainsi que d’autres ces derniers temps, mais ce qui est demandé, c’est la libération de l’ensemble des détenus d’opinion du Hirak. Ce à quoi, le président de la République a répondu qu’il suivait de près ces questions et que le processus judiciaire en cours permettra une libération rapide de celles et ceux qui sont en détention pour raison d’opinion.n