Dans cet entretien, le président de l’Association des producteurs algériens Ali Hamani, président de l’Association des producteurs algériens de boissons : « Le secteur des boissons a réalisé un chiffre d’affaires  de 250 milliards de dinars en 2016 »

Dans cet entretien, le président de l’Association des producteurs algériens de boissons (APAB) nous livre ses impressions sur les dernières statistiques du Centre national de l’informatique et des statistiques (Cnis) concernant les exportations de boissons non alcoolisées. M. Hamani s’exprime également sur d’autres sujets comme l’évaluation des résultats du secteur en 2016, et nous révèle en exclusivité le programme tracé par son association pour 2017.
Entretien réalisé par Mouna Aïssaoui

Reporters : L’Algérie a exporté en matière de boissons non alcoolisées (eaux minérales et gazéifiées, jus de fruit, boissons gazeuses), sur les dix derniers mois de l’année 2016, vers 24 pays, un total de 8,85 millions de dollars contre 12,27 millions de dollars pour la même période en 2015, soit une baisse de 38,6%, d’après les statistiques recueillies auprès du Cnis. Quel commentaire en faites-vous ?

Ali Hamani : Nous relevons un plus grand nombre de producteurs de boissons présents sur les marchés extérieurs, particulièrement sur les marchés africains. Néanmoins, il est vrai que le volume des exportations a reculé du fait de la baisse des exportations d’un acteur principal qui est la société Fruital. Cette entreprise représentait à elle seule plus de 80% des exportations de boissons, notamment vers les pays africains. Depuis 2014, la stratégie de Fruital a été modifiée en matière d’exportation ce qui a impacté à la baisse le volume global des exportations algériennes de boissons.

Comment évaluez-vous la production actuelle des boissons en Algérie ?
En attendant les statistiques et agrégats économiques de l’exercice 2016, la production est estimée pour la production à plus de 4,4 milliards de litres qui se répartissent en sous-filière des jus de fruits et des boissons fruitées, 0,6 milliard de litres, sous-filière des boissons gazeuses 2,15 milliards de litres, sous-filière des eaux embouteillées, 1,45 milliard de litres et sous-filière des boissons alcoolisées, 0,22 milliard de litres. Le chiffre d’affaires étant donc de près de 250 milliards de dinars qui se répartissent comme suit : pour la sous-filière des jus de fruits et des boissons fruitées, 42 milliards de dinars, pour la sous-filière des boissons gazeuses, 100 milliards de dinars, pour la sous-filière des eaux embouteillées,15 milliards de dinars et, enfin, pour la sous-filière des boissons alcoolisées, 92 milliards de dinars.

Où en est le projet de réduction du sucre dans les boissons?
Le projet suit son cours. Au même titre que les pouvoirs publics, nous nous soucions de la santé du consommateur et œuvrons pour la mise sur le marché de produits de qualité. Nous sommes toujours en contact avec les autorités concernant ce dossier pour parfaire l’ensemble des aspects tout en veillant à l’équilibre entre l’ambition des objectifs et leur faisabilité. Aussi, il est important de souligner que ce projet ne concerne pas uniquement les boissons. Il concerne l’ensemble des produits agroalimentaires contenant non seulement du sucre, mais aussi du sel et des matières grasses.

L’APAB nous a habitués chaque année à un programme très riche en activité. Quelles sont les principales actions de l’association pour le début de cette année?
Oui, effectivement. D’ailleurs nous organisons prochainement notre cocktail annuel à l’occasion duquel nous communiquerons sur les actions réalisées en 2016 mais aussi celles devant être menées en 2017. Nous pouvons citer, à titre d’illustration, la présentation de l’étude menée sur la sous-filière lait et boissons lactées, le lancement d’une campagne de sensibilisation auprès des opérateurs concernant la marque collective « Buvez Tranquille », le renforcement de la communication de l’APAB et le lancement de nombreuses sessions de formation technique au profit des opérateurs de la filière. Nous évoquerons le programme dans tous ses détails dans quelques jours.

Comment prévoyez-vous la situation du secteur des boissons pour l’année 2017 et quel commentaire faites-vous en ce qui concerne la loi de finances 2017 ?
Le secteur des boissons au même titre que beaucoup d’autres secteurs va subir durant l’année 2017 de plein fouet les retombées de l’application de la loi de finances pour 2017. Notamment celles qui seront rendues nécessaires par l’effet conjugué de plusieurs facteurs totalement exogènes et sur lesquels les producteurs n’ont absolument aucune prise. Il faut donner plus d’éclairage et en toute transparence au consommateur algérien. A cet effet, il faut noter que nous avons observé cinq principaux facteurs. Il y a la dévaluation du dinar versus les principales monnaies d’échange que sont l’euro et le dollar, l’augmentation des principales matières premières de notre profession au niveau national et international, l’augmentation du prix des carburants et de l’énergie, la TVA qui est passée de 17% à 19% et la structure de la monnaie algérienne qui fait que les augmentations se font par paliers de 5 DA au niveau des alimentations générales. Les producteurs de boissons tiennent à rassurer les consommateurs sur le fait qu’ils ne ménageront aucun effort en vue d’atténuer l’impact de ces augmentations tout en préservant la qualité des produits mis sur le marché ainsi que la qualité de service qui ont fait la réputation de leur corporation.