Reporters : Comment évaluez-vous la concurrence dans le secteur des boissons?

 

Ali Hamani : Elle est très rude. D’elle, en plus, dépend la survie de l’entreprise. Si cette dernière veut se maintenir sur le marché, elle doit commercialiser un produit de qualité qui réponde aux normes et à la demande des consommateurs. Sinon, elle risque de disparaître. Si elle doit investir, elle doit tenir compte des nouveaux process de production, être à la pointe des nouvelles technologies et de l’innovation. La concurrence, ce n’est pas par rapport aux prix, mais par rapport au produit. Comment le développer en étant attentif aux attentes des consommateurs.

A propos des consommateurs, la concurrence contribue-t-elle à la préservation de leur pouvoir d’achat dans ce secteur ?

Si on tient compte du dinar constant, en dehors des inflations, les prix des boissons n’ont pas vraiment augmenté. Et ce, grâce à la concurrence. Car c’est elle qui régule le marché entre le producteur et le consommateur.

Qu’en est-il de la création d’emplois?

Il faut savoir que la concurrence intervient indirectement dans la création d’emplois. Quand on innove sur un produit, dans le marketing y compris, on est amené à créer de facto de nouveaux postes d’emploi et élargir nos équipes commerciales. Ainsi, plus il y a concurrence, plus il y a innovation et plus il y a création d’emplois. Quand on met un nouveau produit sur le marché, la création d’emploi intervient à tous les niveaux, dans la phase de l’organisation comme dans le système de disposition de ce produit. En fait, il n’existe pas chez nous une concurrence à 100%. Il ne peut y avoir une véritable concurrence dans un système économique où l’informel a une part importante. L’informel dénature les règles de la concurrence.

Y a-t-il une évolution dans les exportations dans le secteur des boissons cette année ?

Les chiffres qu’on a reçus jusqu’présent démontrent qu’il y a effectivement une évolution dans les exportations par rapport à 2016. Mais elles restent inférieures par rapport à celles de 2015 où elles avaient atteint 38 millions de dollars contre 18 millions de dollars l’année dernière. Si les exportations ont régressé, c’est parce qu’un gros producteur, qui exporte surtout en Afrique, a dû emprunter des circuits étrangers pour exporter ses produits. Il ne pouvait pas exporter à partir de l’Algérie en raison de contraintes administratives. Mais je pense qu’on va remonter la pente. Il y a beaucoup de producteurs qui se montrent agressifs sur le marché africain et même européen. Il y a ceux qui ont exporté vers de nouveaux pays africains, comme le Sénégal et le Ghana.