Certains des transformateurs et producteurs de lait et dérivés ont commencé à exporter, mais ils ont été vite freinés dans leur élan en raison d’un déficit en matière première, à savoir la poudre de lait. Dans cet entretien, le président de l’Association des producteurs algériens de boissons (Apab), Ali Hamani, déplore qu’on encourage les exportations sans donner, parfois, les moyens de le faire.

Reporters : Comment les producteurs exportateurs de lait et dérivés vivent-ils le manque de poudre de lait ?
Ali Hamani : Très mal. A cause de cela, ils ont purement et simplement arrêté les exportations. Ils n’arrivent même pas à satisfaire le marché national. C’est une année noire pour eux. En fait, face au déficit important de poudre de lait, toutes les unités de transformation et de production sans exception sont menacées. Même les grandes marques comme Soummam, Hodna, Candia. D’ici la fin de l’année, si les quotas de poudre de lait dont on a besoin ne sont pas octroyés, on sera dans une phase critique. Nous risquons même de nous retrouver en pénurie de lait.

Qu’en est-il des produits dérivés ?

Pour les produits dérivés, comme le yaourt et le fromage, il y a moins de risques car les producteurs combinent entre la poudre de lait et le lait cru. Certains producteurs, comme Danone, soutiennent la production de lait cru et les petits éleveurs. Ce qui leur permet d’avoir accès à cette matière. Cela dit, les quantités de lait cru étant insuffisantes, ces producteurs ont besoin de la poudre de lait. Elle est indispensable. A long terme donc, ce marché sera également affecté.

Un mot sur le marché des boissons…

Ce marché se maintient. Il est même en évolution. On constate surtout une évolution dans le volume d’eau embouteillée. Pour les boissons gazeuses, on a remarqué une diminution de la consommation et une stagnation dans la production des jus de fruits. Mais on espère que la situation s’améliorera progressivement. Concernant les exportations, il y a beaucoup d’efforts qui sont en train de se faire au niveau du marché africain surtout, et ceux du Moyen-Orient et européen également. Les exportations de boissons sont estimées entre 20 et 24 millions de dollars au cours de cette année.
Mais ça reste peu par rapport aux années précédentes. Le système de soutien à l’export a mal fonctionné à un certain moment. Mais avec les nouvelles règles commerciales, les choses vont s’améliorer. En participant au Salon de Nouakchott, on espère un meilleur rendement en matière d’exportation. Car c’est une plateforme où beaucoup de nos producteurs sont présents.