Invité, hier, par la rédaction de la Chaîne III de la Radio nationale, Ali-Bey Nasri, président de l’Association algérienne des exportations (Anexal), n’a pas été tendre avec le gouverneur de la Banque d’Algérie, qu’il a accusé d’entraves à l’activité d’exportation, notamment des produits hors hydrocarbures.

Ainsi, il a tout simplement appelé le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, à intervenir afin de mettre un terme à ce qu’il a appelé la bureaucratie de la Banque d’Algérie, mais aussi aux problèmes que rencontrent les exportateurs nationaux. «Nous avions transmis au gouverneur de la Banque d’Algérie des dossiers d’exportation de services pour obtenir le feu vert de cette institution, mais aucune réponse ne nous a été rendue», a-t-il dit, soulignant que ces dossiers d’exportation concernent, notamment les travaux d’expertise et d’ingénierie. L’invité de la Chaîne III a qualifié les agissements de la Banque d’Algérie «de situation anormale» pour «un pays qui a, pourtant, besoin de ressources en devises pour surmonter la crise financière qui l’affecte depuis 2014». Entre autres contraintes qui «découragent» les exportateurs, M. Ali-Bey en a évoqué deux qui freinent les exportations hors hydrocarbures. D’abord le non-accompagnement des exportateurs par les banques, qui sont absentes sur les marchés où s’effectuent les exportations. Sur ce point, il a appelé à la création de succursales de banques dans les pays où l’Algérie exporte. Ensuite, il a pLaïdé pour la mise sur pied d’une logistique qui favorisera ces exportations. «La logistique est le maillon faible du processus de développement des exportations hors hydrocarbures», a-t-il noté. Ajoutant que «les coûts logistiques rendent plus chères nos exportations et ont un impact non négligeable sur la compétitivité des produits algériens sur les marchés étrangers». Il a cité, par exemple, le manque d’infrastructures portuaires et routières  qui constituent, selon lui, «un handicap à l’expansion des exportations hors hydrocarbures». «Nous avons des excédents en produits agricoles qui peuvent être exportés chez les pays voisins mais qui, pour des raisons de logistique, ne peuvent accéder aux marchés de l’Afrique subsaharienne», a-t-il déploré. Sur un autre volet, Ali-Bey Nasri a appelé à la révision de la législation des changes, laquelle «n’encourage pas le développement des exportations hors hydrocarbures», pLaïdant pour plus de souplesse en la matière. Abordant les marchés susceptibles d’être un point de chute pour les exportateurs algériens, l’invité de la Chaîne III a souligné que le marché naturel est l’Afrique subsaharienne. « La Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso peuvent constituer un bon marché pour l’Algérie, car ils sont demandeurs de produits algériens», a-t-il dit. Ajoutant que plusieurs entreprises algériennes ont atteint la taille souhaitée leur permettant d’exporter notamment vers les pays africains. Il a mis en relief, dans ce sens, les possibilités d’exportations dans le domaine de l’électroménager, l’industrie agroalimentaire et l’industrie du médicament, mais aussi des possibilités d’exportations des services comme les études, l’expertise et l’ingénierie.