Les personnes souffrant de maladies respiratoires, dont l’asthme, peuvent enfin souffler après la décision d’acquérir à l’international les quantités nécessaires de Ventoline et de revenir sur la décision polémique et perturbatrice de soumettre toute opération d’importation à la délivrance d’un document d’autorisation par l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex).

PAR INES DALI
L’exigence du document de l’agence Algex attestant de la non-disponibilité de certains produits sur le marché national pour leur importation a eu l’effet de provoquer une tension sur le marché des médicaments, notamment sur la Ventoline, indispensable pour les asthmatiques.
Intervenant à ce sujet, Réda Belkacemi, président de l’Observatoire national de veille sur la disponibilité des produits pharmaceutiques relevant du ministère de l’Industrie pharmaceutique, a révélé qu’un programme national d’importation de 5 millions d’unités de Ventoline est mis en place pour l’année en cours, afin d’assurer la disponibilité de ce produit sur le marché national.
Mais dans l’immédiat, et devant la tension signalée depuis la semaine dernière sur ce médicament dans les pharmacies, les responsables en charge de ce dossier ont pris les mesures qui s’imposent dans une telle situation. «L’Agence nationale des produits pharmaceutiques a libéré environ 180.000 unités de Ventoline» programmées pour être «distribuées à partir de ce dimanche (avant-hier, ndlr) aux grossistes puis aux pharmacies, afin de couvrir le déficit enregistré en ce médicament», a déclaré Réda Belkacemi sur les ondes de la Radio nationale.
D’autres quantités seront mises sur le marché les prochains jours, selon le même responsable. «Il y a un programme de libération d’environ 580.000 unités de Ventoline», a-t-il affirmé, précisant que leur «distribution se fera de façon progressive, après l’achèvement des procédures des opérations de contrôle administratif et technique».
Revenant sur le programme d’importation de la Ventoline pour 2022, il a fait savoir que jusqu’à présent, l’Algérie a importé 740.000 unités de ce médicament destiné aux maladies respiratoires asthmatiques sur les 5 millions d’unités prévues. Ce sont autant de précisions qui peuvent rassurer les malades après la situation de quasi-psychose ayant prévalu suite au signalement que certains médicaments d’oncologie et autres et pas seulement des maladies respiratoires pourraient ne plus être disponibles sur le marché national.
Dès la semaine dernière, l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (Unop) a tiré la sonnette d’alarme pour que l’entrave du fameux document devant être délivré par l’Algex soit levée. Un mois après avoir déposé leur demande auprès d’Algex pour avoir le document en question, cette dernière n’en avait délivré «aucun», selon l’Unop. Cette dernière avait, en effet, mis en garde que l’opération de délivrance enregistrait un grand retard «bien après l’enregistrement» des demandes des opérateurs, ce qui «pénalise la bonne marche de leurs programmes d’approvisionnement en médicaments». D’où son avertissement quant à d’éventuelles pénuries de médicaments pouvant être provoquées par une telle mesure. Une mesure qui n’aurait fait que «retarder» les importations et provoquer la «rareté». L’Unop a, alors, tenu à sensibiliser sur «les risques sérieux de ruptures» que cela pouvait occasionner «si la situation présente devait perdurer au cours des prochains jours ou des prochaines semaines».
Il a fallu alors que le ministère de l’Industrie pharmaceutique intervienne, par le biais d’un communiqué, en informant que les opérateurs du secteur sont exemptés de la présentation du document de l’Algex pour la domiciliation bancaire devant compléter les dossiers d’importation. Le département de Lotfi Benbahmed avait également rappelé que la régulation du marché pharmaceutique national est assurée par ses services, conformément à ses attributions, assurant que le ministère «ne délivre les programmes prévisionnels d’importation et/ou attestation de régulation qu’aux produits essentiels et à forte valeur thérapeutique, non fabriqués localement ou dont les quantités ne couvrent pas les besoins nationaux et ce, après étude et examen minutieux des capacités de production, des niveaux de stocks et des besoins nationaux».
Cette situation regrettable aurait pu être évitée, ont estimé les observateurs. Avant de généraliser la mesure objet de discorde, la concertation et la coordination entre le ministère du Commerce et les autres départements ministériels concernés est indispensable, ont-ils préconisé. Car dans le cas présent de l’industrie pharmaceutique, par exemple, il s’est avéré que tout le travail de vérification de la non-production locale d’un produit et des quantités en stock se faisait déjà par ses services en amont de l’autorisation de toute opération d’importation. n