25 000 Algériens sont en attente d’un vol pour regagner le pays ! Et il ne se passe pas une semaine sans que la rédaction de Reporters ne reçoive de beaucoup d’entre eux des courriels d’appels au secours. Bloqués à l’étranger dans des situations difficiles et en attente de rapatriement, ils se sentent oubliés, voire méprisés. Les cris de détresse de ces compatriotes, que ce soit ceux qui se trouvent coincés dans des pays limitrophes à deux heures d’avion ou aux antipodes (en Asie notamment) laissent penser que toutes les nombreuses opérations organisées par le gouvernement et Air Algérie depuis le début de la crise sanitaire mondiale n’ont pas suffi… Le conseiller du P-DG de la compagnie aérienne, Mohamed Charef, a affirmé que 35 000 Algériens ont été rapatriés depuis mars dernier.

La problématique du nombre croissant de ressortissants et de personnes bloqués à l’étranger, désirant au plus vite rentrer au pays, se pose avec beaucoup d’acuité aux autorités du pays. Selon le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, ils sont, en effet, près de 25 000 souhaitant dans l’immédiat regagner le pays. Un véritable casse-tête auquel il faudra vite trouver une solution car des scènes de désarroi et de tension ont été perceptibles ces derniers jours au niveau des aéroports de Paris et de Marseille, sans parler des mouvements de protestation enregistrés au niveau de certains consulats du pays en France, largement retransmis à travers les réseaux sociaux. Des signes de colère tout à fait compréhensibles et qui ne peuvent laisser indifférent au vu des nombreux citoyennes et citoyens et dans l’attente, depuis des mois, d’un retour au pays, c’est-à-dire depuis la fermeture des frontières aériennes du pays au mois de mars dernier à la suite d la crise sanitaire mondiale. Devant cette situation, le ministre dira que «la compagnie aérienne nationale Air Algérie déploie de grands efforts pour mener à bien l’opération, en dépit des difficultés rencontrées, notamment avec la fermeture de l’espace aérien dans plusieurs pays et qui requiert l’obtention d’autorisations exceptionnelles». Ce dernier, qui répondait aux préoccupations des membres de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), lors d’un exposé dans le cadre de l’examen du projet de loi portant Règlement budgétaire de l’exercice 2018, a évoqué la recrudescence du nombre d’Algériens souhaitant regagner le pays. Il a fait savoir que «nombreux sont ceux désirant rentrer pour des motifs exceptionnels». Il est clair que le pavillon national ne s’attendait pas à un tel surplus de demande, ce qui n’a pas empêché la compagnie de programmer une série de vols spéciaux pour la circonstance. Un programme qui a permis du 6 au 19 du mois courant de rapatrier pas moins de 5 000 personnes. A ce titre, faut-il rappeler qu’Air Algérie a organisé durant cette période 24 vols internationaux qui ont concerné sept pays et dédiés exclusivement à l’opération de rapatriement de ressortissants bloqués dans ces pays. Le conseiller du P-DG de la compagnie aérienne publique Air Algérie, Mohamed Charef a récemment fait savoir que depuis le lancement de l’opération de rapatriement en mars dernier, plus de 35.000 Algériens bloqués à l’étranger ont été rapatriés.
Aujourd’hui, les pouvoirs publics vont devoir prendre le taureau par les cornes, car il s’agit de répondre à une demande pressante qui ne saurait souffrir de retard quand on sait que des citoyens souffrent le calvaire et se sentent abandonnés à leur douloureux sort. Et pourraient encore l’être plus longtemps sachant qu’Air Algérie va se retrouver devant l’impossibilité de programmer des vols dans l’immédiat, voire même à court terme, dès lors où plusieurs pays vont continuer à fermer leur espace aérien au vu de la recrudescence de la pandémie et, par voie de conséquence, le pavillon national sera contraint pour pouvoir assurer ses vols spéciaux d’obtenir des autorisations exceptionnelles. Ce qui n’est pas du tout évident. Autrement dit, il sera difficile à la compagnie aérienne de répondre à la demande des nationaux bloqués et des ressortissants du moins jusqu’à la levée de la fermeture de l’espace aérien des pays où les personnes en attente de vols sont nombreuses. En somme, Air Algérie va rester tributaire de ces autorisations exceptionnelles jusqu’à leur levée. Ce qui laisse avancer que la tension sur le retour au pays n’est pas près de s’amoindrir et même pourrait s’accentuer par l’effet d’une autre vague de contamination à la Covid-19, qui a, d’ailleurs, pris effet dans certains pays, à l’image de l’Allemagne, de l’Angleterre, de l’Espagne et de l’Italie. Et où des ressortissants sont nombreux dans la liste d’attente, gérée par les consulats, en quête d’un billet d’embarquement sur un avion d’Air Algérie.
Notons qu’au registre de la logistique, il faudrait pour arriver à transporter 25 000 Algériens en un temps très court mettre en place un programme d’au moins 125 vols. Ce qui reste du domaine du possible, mais pour cela Air Algérie sera appelée à se mobiliser davantage et surtout assister financièrement du fait que le rapatriement se fait souvent à titre gratuit. La balle est donc du côté du gouvernement, car il est évident que c’est à l’Exécutif de répondre à la quête des Algériens en souffrance à l’étranger et à ceux dans le besoin de rejoindre leur pays d’origine. n