La société casse les prix du mouton de l’Aïd et voit les clients se ruer vers son entrepôt de Birtouta.
Depuis son ouverture, le vendredi 24 juin, l’entrepôt de vente de mouton de l’Aïd El Adha, relevant de l’Algérienne des viandes rouges (Alviar), situé dans la localité de Birtouta (banlieue ouest d’Alger), des centaines de personnes n’ont cessé d’affluer vers ce lieu, attirées par l’annonce des prix pratiqués par Alviar. Mais, fait remarquable, ce week-end où il y avait foule, nombreux sont ceux qui sont rentrés bredouilles chez eux pour la simple raison que les enclos dédiés aux béliers, proposés à 43 000 et 48 000 DA, du moins les plus prisés, étaient vides.
Selon des responsables de ce point de vente officiel, que Reporters a pu interpeller lors de son passage, «les moutons relevant de ces deux catégories de prix ont tous été vendus et depuis jeudi leur enclos est vide». «Nous nous attendions à une telle situation car la toise de ses moutons et aux prix cédés correspondent parfaitement à la bête recherchée par une grande majorité de pères de famille.» A notre question de savoir si ces mêmes enclos vont être de nouveau pourvus pour du moins satisfaire les personnes qui ne sont pas dans la possibilité financière d’acheter des moutons à 63 000 DA et ou des béliers à 70 000 DA, nos interlocuteurs sont restés évasifs affirmant que la décision de se réapprovisionner relève de la Direction générale d’Alviar.
Notons qu’au niveau des baraquements qui font office de bureaux, une queue était formée, composée, après renseignements, d’employés des entreprises et administrations publiques ayant signé des conventions d’achats groupés avec l’Alviar. D’après la personne chargée de l’opération, « une trentaine d’entreprises ont souscrit un engagement pour que leurs employés puissent bénéficier d’une facilité de paiement. Pour le détail, «l’employé s’acquitte de 50% du prix du mouton et le reste est avancé par les œuvres sociales de l’organisme dont relève l’employé. Ce dernier est appelé à honorer trois échéances correspondant à la dette contractée», nous a expliqué ce responsable. Non sans nous faire remarquer qu’avec cette facilité de payement, les employés ont opté pour le bélier à 63 000 DA et à un degré moindre vers ceux à 70 000 DA». Du côté des enclos où sont regroupées les bêtes au prix suscité, il était facile de remarquer qu’ils ont commencé à se dégarnir mais beaucoup plus dans celui des 63 000 DA.
Concernant les enclos où l’on trouve les agneaux à 38 000 Da on ne se bousculait pas au portillon, leur petite taille faisait fuir plus d’un visiteur. Mais toujours est-il que certains laissent entrevoir un semblant d’intérêt faute de ne pouvoir disposer de l’argent nécessaire pour l’achat d’un mouton un peu plus gros. C’est le cas de cette veuve, femme de surface dans une entreprise publique, qui nous a avoué «déjà à 38 000 DA, il va falloir me plier en quatre pour que mes deux enfants puissent avoir leur mouton aux yeux de leurs camarades de l’immeuble». Et de lâcher enfin : «Je trouve que pour une telle taille, le prix que nous propose Alviar reste élevé mais je reconnais qu’ailleurs, la même bête coûte largement plus.»
C’est d’ailleurs ce que Reporters a pu constater lors de sa virée tout au long de ce weekend, dans différentes communes du Grand-Alger. Sur place, c’est le même son de cloche au niveau de point de vente improvisés. «Les prix sont inaccessibles compte tenu de mon faible revenu», déplore Abdelkader, cadre moyen au niveau d’une Epic et il craint fort qu’il ne puisse pratiquer le rituel du sacrifice de l’Aïd El Adha. Il se dit outré par la surenchère actuelle sur le mouton. «Une hausse de 10 000 DA quand il s’agit de bête de petit gabarit pouvant atteindre les 30 000 DA». Un de nos locuteurs a pointé du doigt autant les éleveurs que les maquignons d’occasion qui «sont à l’origine de cette hausse vertigineuse».
En somme, c’est le même scénario qui se reproduit à l’approche de chaque Aïd. Une tendance qui appuie l’hypothèse «d’un prix moyen du mouton à 100 000 DA dans un proche avenir», alertent bon nombre d’experts en matière de production animale.