L’onde de choc provoquée par la série de limogeages opérée par le ministre des Ressources en eaux Arezki Berraki se fait encore ressentir dans le secteur avec l’impression, pour les cadres de ses différents services et directions, de devoir revoir l’organisation du travail sur le terrain.
A l’Algérienne des eaux (ADE), 35 000 salariés, dont les responsables centraux et directeurs d’unité dans les wilayas, ont été réunis, avant-hier à Alger, par leur Directeur général Ismaïl Amirouche en présence du ministre du secteur. On parle par exemple de «contrat performance» qu’il s’agit de remplir par rapport au cahier des charges imposé par le ministère par rapport au service devant être rendu au public et au consommateur.
Pour un des cadres de l’agence, ce contrat est synonyme de «sursaut» après les graves carences constatées en matière de distribution d’eau durant le mois de juillet et les fêtes de l’Aïd El-Kébir, fin juillet et début août 2020 mais, également, dans la gestion des infrastructures du secteur telles les stations de dessalement d’eau de mer. Pour rappel, 14 directeurs régionaux de l’ADE ont été relevés de leurs fonctions par le ministre sans compter les sanctions qui ont frappé des responsables de la Seaal à Alger et Tipasa et celui de la Seor à Oran récemment.
Lors de sa rencontre avec les dirigeants de l’ADE, Ismaïl Amirouche a insisté sur l’obligation de répondre aux besoins du consommateur et sur l’impératif d’accompagner les petites et moyennes entreprises (PME) chargées de réparer les pannes, réaliser les travaux de raccordement et installer les compteurs. Elles seraient quelque 300 conventionnées à assurer ce travail de sous-traitance que des parties n’hésitent pas à critiquer en raison de sa qualité et surtout d’un déficit de suivi et de contrôle des chantiers qui leur sont confiés. Les directeurs régionaux qui se sont exprimés au sujet des «entraves» du terrain ont relevé la nécessité d’une plus grande coordination entre l’administration centrale et les collectivités locales, certains ayant pointé du doigt des retards d’investissement à caractère socio-économique pour appeler ensuite à une «égalité» entre les territoires du pays dans l’accès au service public des eaux. Dans les échanges, il a été question de la nécessité de lutter contre le gaspillage et la déperdition de la ressource hydrique, de modernisation de la facturation et de diversification des moyens de paiement pour faciliter le recouvrement des dettes notamment.
En somme, de boucher les trous pour reprendre une métaphore relative aux carences et aux pertes y compris financières auxquelles l’Algérienne des eaux fait face. <