L’approfondissement des relations de partenariat entre l’Union européenne et l’Algérie a été au centre de la 12e session du Conseil d’association Union européenne-Algérie, tenue lundi par visioconférence.
Entre droits de l’Homme, coopération économique et échanges commerciaux, environnement, énergie et migration, l’objectif est de faire atteindre à ces relations «leur plein potentiel pour que nous ressortons avec un partenariat vraiment renforcé», a indiqué le vice-président de la Commission européenne, Haut-représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, cité dans un communiqué rendu public hier par l’UE sur le contenu de cette rencontre. Ceci d’autant que l’Algérie «est un partenaire très important pour l’Europe, de par sa proximité et sa taille, de par son rôle dans la région et sur le continent africain mais également et surtout de par les liens étroits qui nous unissent depuis longtemps», a-t-il souligné.
Evoquant les multiples domaines qu’elle inscrit dans le cadre de l’approfondissement des relations souhaité de part et d’autre, l’UE met en avant la question du «respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales», qu’elle souligne avoir rappelé durant cette nouvelle session. «Tel que convenu conjointement dans les Priorités de partenariat UE-Algérie, la relation bilatérale est fondée sur le respect mutuel ainsi que sur la reconnaissance et le respect des valeurs universelles et des engagements internationaux ayant trait à l’Etat de droit et au respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales».
Un rappel qui fait automatiquement le lien avec la récente résolution du Parlement européen sur la situation des droits de l’Homme en Algérie. Une résolution qui a été condamnée en Algérie, et lundi, peu avant le début de la session Commission de l’UE-Algérie, le ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum est revenu à la charge pour affirmer que «l’Algérie sera toujours là pour dénoncer vigoureusement avec force de pareilles résolutions et ce, malgré les bonnes relations qu’elle entretient avec les pays de l’Union».
«L’UE a également montré sa disponibilité à continuer à soutenir la diversification de l’économie algérienne», à travers l’amélioration du climat des affaires qui «est clé pour pouvoir faciliter des investissements producteurs d’emplois», fait savoir encore le même communiqué. En ce sens, «il est important que les échanges commerciaux se fassent dans le respect de l’Accord d’association, cadre qui offre la prévisibilité et la stabilité nécessaire», précise l’Union, avant de souligner que «la Commission européenne a transmis récemment une proposition visant à résoudre le différend en la matière et l’UE espère trouver très prochainement un accord dans le cadre de l’article 100 de l’Accord d’association».
Une résolution à laquelle l’Algérie appelle depuis longtemps de façon à mettre fin au déséquilibre qui caractérise les échanges commerciaux entre les deux parties et sanctionne exclusivement notre pays, quinze années après l’entrée en vigueur de l’accord. C’est pourquoi d’ailleurs, à la demande de l’Algérie, l’établissement d’une zone de libre-échange prévue dans l’accord d’association en 2017 a été reporté à septembre dernier, mais n’a pu avoir lieu pour les conditions sanitaires nées de la pandémie de Covid-19.
Le déséquilibre flagrant dont pâtit l’Algérie dans ses relations avec l’UE a d’ailleurs été soulevé une nouvelle fois par M. Boukadoum lundi. «En tant que négociateurs algériens, nous sommes assez conscients des manquements en matière d’application de l’Accord d’association, notamment dans son aspect commercial», a indiqué le chef de la diplomatie algérienne. Sans manquer de faire observer que «tous les partenaires européens (France, Italie, Hongrie, Portugal, Allemagne…) ayant séjourné récemment en Algérie sont conscients de ce déséquilibre et ont abordé cet accord en prélude de la réunion d’aujourd’hui (ndlr-lundi)», ajoutant que «le message de l’Algérie est bien reçu par la partie européenne» et qu’«il y a une volonté de dialogue de part et d’autre» à propos du même dossier.
De son côté, le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Aïssa Bekai, a indiqué que «les concertations entre l’Algérie et l’Union européenne se poursuivaient toujours dans le but d’évaluer l’accord». «Les premières concertations ont eu lieu au mois de septembre dernier», a-t-il rappelé, notant que «l’Algérie et l’UE ont fait chacune de son côté sa propre évaluation de ce document», et que «l’Algérie avait émis des réserves, en 2014, dans le but de sauvegarder la balance commerciale» qui était en sa défaveur.
A propos du même dossier, le ministre de l’Industrie Ferhat Aït Ali a indiqué qu’une évaluation de l’accord d’association a été faite au niveau de son département qui a émis «des réserves s’agissant de certains segments». Celles-ci «ont été d’ores et déjà prises en considération par nos partenaires européens. D’autres vont l’être. Nous sommes en concertation avec l’UE pour remédier à toutes ces lacunes», a-t-il poursuivi.
Cette nouvelle session du Conseil d’association Union européenne-Algérie a, par ailleurs, porté sur l’énergie. Un secteur que l’UE considère «particulièrement important», notamment dans la «perspective d’une transition énergétique». Comprendre que «l’UE continuera à coopérer avec l’Algérie et espère reprendre rapidement les activités du Partenariat stratégique UE-Algérie dans le secteur de l’énergie», comme elle l’indique dans son communiqué.
Les discussions ont également porté lors de cette réunion sur la mobilité des personnes, et «l’UE a exprimé sa volonté d’avancer vers une coopération concrète dans le but, entre autres, d’une meilleure utilisation des voies existantes pour la mobilité dans le respect des compétences de l’UE, ses Etats membres et de l’Algérie, de garantir, dans le respect des engagements internationaux, le retour de personnes séjournant de manière irrégulière sur le territoire d’une des parties, de renforcer la gouvernance et de progresser dans la lutte contre les réseaux criminels», lit-on encore dans son compte-rendu de la réunion.
En outre, «l’UE et l’Algérie ont échangé leurs analyses sur les multiples crises dans la région. La réunion a permis également de renouveler la détermination de l’UE et de l’Algérie à coopérer pour protéger la sécurité de leurs citoyens et cela dans des domaines tels que la lutte contre la radicalisation, la prévention de l’extrémisme», conclut la même source. n