Les mécanismes de réduction des importations mis en place par le gouvernement continuent à tirer vers le bas les volumes des échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Europe. Ceux-ci ont atteint un montant de 27,12 milliards de dollars
(mds usd) durant les 7 premiers mois de 2019 contre 29,61 mds usd pendant la même période de 2018, en baisse de -8,42%, selon les statistiques fournies par la direction des études et de la prospective des Douanes (DEPD).

Toutefois, le commerce extérieur de l’Algérie demeure largement dominé par ses échanges avec les pays du Vieux continent, avec un taux de 57% de la valeur globale des échanges effectués entre janvier et juillet de l’année en cours, période qui a vu 61,11% des exportations algériennes aller vers les pays européens, dont principalement ceux de l’UE, et 53,32% des importations provenant de cette région.
Ce recul des échanges commerciaux concerne, faut-il le souligner, aussi bien les ventes algériennes à l’Europe que ses achats effectués à partir de ce continent. En termes d’exportations, la facture s’est chiffrée à 13,23 mds usd, contre 14,89 mds usd, durant la même période de 2018 (-11,19%), alors que les importations ont été réduites à 13,89 mds usd, contre 14,72 mds usd (-5,62%), souligne la même source, précisant que la France, l’Italie, l’Espagne et la Grande-Bretagne restent les principaux pays partenaires de l’Algérie en Europe.
Il est sans doute utile de relever que les statistiques de la DEPD sont fournies quelques petits jours seulement après la publication des premiers résultats d’un rapport d’évaluation des échanges commerciaux entre l’Union Européenne et l’Algérie, actuellement en préparation par la Direction générale du commerce de la Commission européenne.
Selon ces résultats, « l’introduction de mesures restrictives pour le commerce par les autorités algériennes » a induit, à partir de 2014, une baisse des échanges commerciaux entre les deux partenaires.
Le rapport signale, par ailleurs, que lors de la réunion d’octobre 2018 du sous-comité du commerce, de l’industrie et des services, la Commission européenne a soulevé une série d’obstacles liés à l’accès aux marchés que l’Algérie a introduits ces dernières années, notamment une interdiction temporaire d’importer plus de 800 produits et une augmentation des droits sur une liste de 129 produits. « En ce qui concerne ces obstacles au commerce, trois consultations au niveau des hauts fonctionnaires ont eu lieu en 2018. Dans les conclusions du Conseil d’association de mai 2018, les parties ont exprimé le souhait que ces consultations aboutissent à une solution négociée », souligne le document. Lequel document relève également que « depuis janvier 2019, l’interdiction s’applique uniquement aux voitures, mais une grande partie de ces 877 produits est désormais soumise à un ensemble de nouveaux droits additionnels », constate le rapport.

Algérie-Afrique : un léger mieux
Derrière l’Europe, les pays d’Asie occupent la seconde place en matière d’échanges commerciaux avec l’Algérie, avec 11,63 mds usd, soit 24,40% de la valeur globale des exportations du pays durant les sept premiers mois de 2019, contre 10,77 mds usd à la même période en 2018.
Les importations algériennes d’Asie ont atteint 3,92 mds usd, contre 3,50 mds usd, soit une hausse de 11,82%, alors que les importations de notre pays de ce continent se sont chiffrées à 7,71 mds usd, contre 7,26 mds usd, en hausse de 6,23 %.
La Chine, l’Inde, l’Arabie Saoudite et la Corée sont les principaux pays partenaires de l’Algérie dans cette région du monde, selon les données des Douanes.
Par ailleurs, les pays d’Amériques occupent la troisième place dans les échanges commerciaux avec l’Algérie pour un montant de près de 6,30 mds usd les sept mois 2019 contre près de 7,62 mds usd en baisse de -17,38%.
L’Algérie a exporté vers les pays d’Amériques pour près de 2,94 mds usd au cours des sept mois de 2019, contre 3,93 mds usd à la même période de comparaison en 2018, enregistrant ainsi une baisse de -25,2%.
Pour sa part, l’Algérie a acheté de cette région pour une valeur de 3,35 mds usd, contre 3,68 mds usd, également en baisse de -9,05%, détaillent les données statistiques des Douanes.
Les principaux partenaires de l’Algérie de cette région d’Amérique sont l’Argentine, les Etats Unis d’Amérique et le Brésil.
Concernant les échanges commerciaux de l’Algérie avec les pays africains, les statistiques de la DEPD donnent à constater des montants en hausse de 7,43%, après avoir atteint 2,02 mds usd, les sept premiers mois de 2019, contre près de 1,88 md usd à la même période de 2018.
Cette hausse devrait se poursuivre, au vu de l’offensive opérée depuis près de deux années par les autorités algériennes en vue de placer de multiples produits locaux sur le marché africain. Les pays africains dont les pays de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) ont acheté, durant les sept premiers mois de 2019, des produits algériens pour un montant de 1,24 md usd, contre 1,16 md usd, en hausse de +6,92%.
L’Algérie a importé de cette région pour une valeur de 777,60 millions usd, pendant les sept premiers mois de 2019, contre 718,32 millions usd, durant la même période de 2018, soit une augmentation de +8,25%.
Les principaux partenaires du pays durant cette période sont l’Egypte, la Tunisie et le Maroc.
Le total général des échanges globaux de l’Algérie avec les différentes zones géographiques durant les sept premiers mois de 2019 a atteint 47,697 mds usd, contre 50,405 mds usd, à la même période en 2018, en baisse de -5,37%.
En général, les cinq principaux clients de l’Algérie, durant les sept premiers mois de 2019, sont la France, l’Italie, l’Espagne, les Etats-Unis et la Turquie, alors que ses cinq principaux fournisseurs sont la Chine, la France, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie.
Pour rappel, les importations algériennes se sont chiffrées à 21,64 mds usd durant les 7 premiers mois de l’année en cours, en baisse de près de 8,6%, alors que les exportations ont atteint 26,05 mds usd, enregistrant elles aussi une baisse de -2,52%, rappelle-t-on.