La 11e session du Conseil d’association Algérie-Union européenne (UE) se tiendra, aujourd’hui à Bruxelles, sur fond de tension suite aux faits intervenus dans le domaine du commerce extérieur. Les travaux du Conseil seront co-présidés par le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, et la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Mme Federica Mogherini. Mais que vont-ils se dire ?

Il est très probable que les deux parties vont énoncer des vérités objectives et indéniables. Elles examineront l’état et les perspectives des relations de coopération et de partenariat entre l’Algérie et l’UE ainsi que les moyens de les renforcer davantage dans les différents volets couverts par cet accord. La session intervient dans le sillage de l’adoption par les deux parties des « Priorités communes de partenariat au titre de la politique européenne de voisinage » rénovée ainsi que des conclusions de l’évaluation conjointe de la mise en œuvre de l’Accord d’association.
Ces priorités de partenariat établissent un cadre de coopération politique renouvelée et une coopération renforcée.
Elles ont été définies d’un commun accord dans le cadre de la politique européenne de voisinage révisée et de la stratégie globale de l’UE pour la politique étrangère et de sécurité. Algériens et Européens souhaitent que la séance d’aujourd’hui soit marquée par une discussion ouverte et constructive qui concerne le dialogue politique, la gouvernance, l’Etat de droit et la promotion des droits fondamentaux, la coopération, le développement socio-économique et les échanges commerciaux, les questions énergétiques, l’environnement et le développement durable, le dialogue stratégique et sécuritaire la dimension humaine, y compris le dialogue culturel et inter-religieux, la migration et la mobilité. Il s’agit là d’un programme très chargé et dont certains aspects touchent au cœur les préoccupations qui ont été soulevées, ces derniers mois, par l’UE. Cette dernière n’a pas apprécié les mesures restrictives adoptées par Alger pour réfréner l’emballement des importations. Du côté algérien, des voix autorisées disent ne pas comprendre ce qui se passe dans les institutions européennes. Dans le discours institutionnel européen, l’Algérie est considéré comme un partenaire clé. Dans la pratique, il y a, par moment, des incertitudes sur la façon dont les choses se passent sur le terrain de l’investissement. Ainsi, l’UE critique des décisions souveraines prises dans un contexte de crise. Alger a rappelé que l’Union ne fait pas assez d’efforts pour contribuer à la diversification de l’économie nationale. Mais pas seulement.

Des axes prioritaires
Le problème, aujourd’hui, est de savoir si l’UE croit réellement en ce qu’elle fait, parce que, derrière les portes closes, elle tient un tout autre discours. Et cela «agace» Alger. Les plus optimistes parmi les experts estiment toutefois que la séance d’aujourd’hui devrait constituer le début du « dégel » du bilatéral qui évolue encore sous forte agitation, d’autant plus qu’Alger a pris des mesures dans le cadre du projet de loi de finances pour 2018.
Elles sont censées donner un meilleur aperçu de la situation du commerce extérieur. Au-delà, l’UE et l’Algérie ont finalisé l’élaboration du cadre unique d’appui (CUA) 2018-2020 qui devrait être adopté à la faveur de la réunion d’aujourd’hui.
Ce cadre sera doté d’une enveloppe comprise entre 108 et 132 millions d’euros et pourra être adapté en fonction des développements, selon l’UE. Les axes prioritaires portent sur l’appui à la gouvernance, la diversification et la compétitivité de l’économie, le développement local inclusif et durable la démocratie participative et l’énergie, l’environnement et l’action climatique. Il est également prévu de poursuivre le renforcement des capacités institutionnelles de la société civile avec une attention particulière accordée à la jeunesse. L’UE et l’Algérie sont liées par un Accord d’association entré en vigueur en septembre 2005. A la demande de l’Algérie, les deux parties ont procédé à une évaluation conjointe de l’Accord en 2016 et produit une série de recommandations pour améliorer sa mise en œuvre. En outre, la participation de l’Algérie à la révision, en novembre 2015, de la politique européenne de voisinage a permis aux deux parties de se doter d’un cadre politique renforcé pour orienter leur relation bilatérale pendant la période 2018-2020. L’Algérie et l’UE ont agréé, en décembre 2016, les éléments constitutifs de leurs « Priorités de partenariat », qui ont été adoptées par le Conseil d’association UE-Algérie en mars 2017.