Alger et Ankara ont tenu samedi la première réunion mixte de planification et de partenariat global entre les deux pays, signe que leur relation bilatérale connaît un réel progrès et des réalisations annonciatrices de projets importants. Lors de la conférence de presse, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a parlé de réunion «exceptionnelle». Son homologue turc Mevlut Cavusoglu a indiqué qu’il a été examiné au cours de la réunion de la commission la possibilité de partenariat, notamment dans la construction navale et le secteur de la pêche et de renforcer la coopération dans les secteurs agricole, industriel et de l’énergie.

Par Khaled Remouche
La première réunion de la commission de planification et de partenariat global entre l’Algérie et la Turquie s’est ouverte samedi dernier avec comme objectif le renforcement des relations économiques et commerciales entre les deux pays. Présidé par le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra et son homologue turc, Mevlut Cavusoglu, cette commission est issue de la première réunion du Sommet du conseil de coopération de haut niveau algéro-turc, tenue à l’occasion de la visite d’Etat du président Abdelmadjid Tebboune en Turquie.
Les deux chefs d’Etat avaient décidé de créer cet instrument pour aller plus loin dans les relations économiques et commerciales entre les deux pays. Le ministre turc des Affaires étrangères a indiqué à l’ouverture de la réunion que la Turquie souhaite développer son partenariat dans les domaines du commerce, de l’industrie, de l’énergie et de la culture. Il a ajouté que l’objectif à travers ces rencontres est de parvenir à un volume d’échanges commerciaux bilatéraux de 10 milliards de dollars, contre 5 milliards de dollars actuellement.
Lors de la conférence de presse, le ministre turc Mevlut Cavusoglu, qui a été reçu hier par le chef de l’Etat, a affirmé que le volume d’échanges augure un avenir prometteur dans les relations économiques entre les deux pays. La rencontre, a-t-il ajouté, a permis d’examiner les opportunités de coopération entre les deux pays dans les domaines commercial, agricole, industriel, le secteur de la pêche, l’énergie, le transport. Concernant les échanges commerciaux, il a indiqué qu’ils ont augmenté de 30% au cours des derniers mois, prévoyant d’atteindre sous peu l’objectif de 10 milliards de dollars et a fait état de 1 400 entreprises turques qui activent en Algérie.
Il a été question lors de cette rencontre de construction navale commune et d’explorer la possibilité de développer la coopération dans l’industrie militaire et de défense. L’enseignement et la culture ne sont pas en reste. Des efforts sont en cours pour l’installation de centres culturels d’enseignement en Algérie et en Turquie, ainsi que l’ouverture bientôt d’un consulat à Oran, a-t-il précisé.
1 400 sociétés turques activent en Algérie
Ce volume d’échanges commerciaux sera sans doute porté par un accroissement des investissements turcs en Algérie et des investissements algériens en Turquie. Il faut savoir que la Turquie est l’un des plus importants investisseurs en Algérie avec un stock de 5 milliards de dollars. L’investissement emblématique de ce renforcement des relations économiques est bel et bien celui de Tosyali avec l’implantation d’un complexe sidérurgique intégré à Bethioua, à Oran, d’une valeur de plus de 3 milliards de dollars qui contribue de façon importante à l’augmentation des exportations hors hydrocarbures du pays.
Tosyali a exporté au cours des neuf premiers mois 2022 pour une valeur de 800 millions et compte exporter 1 milliard de produits sidérurgiques en 2022. Cet investissement est stratégique pour le pays, puisque Tosyali a un projet en cours de réalisation, à savoir une usine de production d’aciers plats pour répondre aux besoins de l’industrie automobile nationale et de la filière électroménager. L’autre méga investissement est celui de Tayal à Relizane, 700 millions de dollars investis dans le plus important complexe textile en Afrique. Cette installation industrielle contribuera à la couverture des besoins nationaux en tissus et prêt-à-porter et à l’augmentation des exportations algériennes de produits textiles. L’investissement majeur de l’Algérie en Turquie est sans doute le complexe de polypropylène entre Sonatrach et la société turque Renaissance à Cayan. Un investissement de 1,2 milliard de dollars. Sonatrach fournira la matière première pour ce complexe. Ce qui augmentera le volume de nos exportations vers la Turquie. Il ne faut pas oublier que ce pays est l’un des plus importants clients de Sonatrach en matière de gaz naturel liquéfié (GNL). Sonatrach exporte pour 5,4 milliards de mètres cubes/an de GNL vers la Turquie. Ce dernier pays souhaite accroître ses importations de gaz algérien et développer ses relations énergétiques avec l’Algérie. Une société mixte en matière d’exploration dans le domaine du pétrole et du gaz va être créée. Des sociétés turques comptent également soumissionner à l’appel d’offres Solar 1000 MW. <