Le Président tunisien Kaïs Saïed est attendu aujourd’hui à Alger pour une visite d’Etat à l’invitation de son homologue, Abdelmadjid Tebboune. Une visite qui servira d’opportunité pour débattre des questions bilatérales de divers domaines au vu des relations particulières qu’entretiennent les deux pays voisins, mais aussi de la situation régionale notamment du dossier libyen devenu central pas uniquement pour son voisinage immédiat, mais bien au-delà.

« Lors de cette visite, les deux présidents auront des entretiens sur les voies et moyens de coopération entre les deux pays frères et évoqueront les situations internationale et régionale, particulièrement en Libye et en Palestine occupée», a précisé hier un communiqué de la présidence de la République.
Signe de relations particulières entre les deux pays, Kaïs Saïed avait promis, alors qu’il était candidat au Palais de Carthage à l’occasion du scrutin tunisien du 14 novembre dernier, de réserver sa première sortie présidentielle officielle à l’international vers l’Algérie, un vœu qu’il a dû, cependant, « écorner » pour s’être rendu le 12 janvier dernier à Mascate pour assister aux obsèques du Sultan Qabus.
N’empêche, Alger et Tunis vont pouvoir à cette occasion discuter à un haut niveau de leurs relations bilatérales dans lesquelles les défis sont considérables et coordonner leurs efforts s’agissant des questions régionales. La visite est d’autant plus importante qu’elle intervient juste après la tenue d’élections présidentielles qui a propulsé MM. Tebboune et Saïed à la tête de deux pays qui font face, par ailleurs, à un impératif de coordination sécuritaire.
« Les autorités algériennes travaillent en étroite collaboration et concertation avec les autorités tunisiennes. Il y a une coordination gouvernementale et sécuritaire», ne cessent de rassurer les responsables algériens à chaque fois que la question de la sécurité refait surface notamment quand la Tunisie fait face à des attentats terroristes.
Il a été ainsi souvent mis en évidence la nécessité de «poursuivre la coordination» entre les deux pays dans le domaine de la lutte antiterroriste et « l’importance » de promouvoir les relations commerciales entre l’Algérie et la Tunisie et à renforcer l’échange des expériences notamment dans le secteur du tourisme.
Il faut noter que le communiqué du palais de Carthage annonçant la visite du successeur du défunt Béji Caïd Essebsi à la tête de l’Etat tunisien en Algérie a identifié les secteurs qui seront à l’ordre du jour des questions bilatérales.
« Cette visite s’inscrit, selon le communiqué, dans le cadre des relations historiques entre les deux pays, une occasion de renforcer l’entraide entre les deux Etats, notamment en matière d’énergie, de commerce, d’investissement, de transport et de tourisme », a souligné à cet effet la présidence tunisienne. Nul doute que cette visite offre l’opportunité à plus d’un égard aux deux pays voisins de donner plus d’épaisseur à leurs relations particulières et ouvrir de nouveaux horizons à leur coopération qui ne semble pas avoir mis à profit les potentialités existantes. Le tout sur fond d’attention particulière à la situation en Libye et ses implications sur l’ensemble des pays du Maghreb.<