Le 8 février 1958, le village tunisien frontalier avec l’Algérie, Sakiet Sidi Youcef, est la cible de 25 avions de l’armée de l’air française. Un raid qui s’est soldé par la mort de 79 personnes,dont 11 enfants et 20 femmes, ainsi que 130 blessés sans compter la destruction d’infrastructures vitales du village. Ce sinistre bombardement est commémoré chaque année par l’Algérie et la Tunisiesur les lieux-mêmes du massacre. Cette fois, la cérémonie commémorative a été co-présidée par le Premier ministre algérien, Aïmene Benabderrahmane, et la Cheffe du gouvernement tunisien, Najla Bouden.

Par Bouzid Chalabi
A cette occasion, le Chef de l’exécutif algérien était accompagné par les ministres de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, et des Moudjahidine, Laïd Rebiga. Aïmen Benabderrahmane et son homologue de Tunisie se sont recueillis devant la stèle commémorative, érigée en la mémoire des victimes des événements de Sakiet Sidi Youssef, rapporte l’APS. Ils ont, ensuite, selon cette même source, visité une exposition de photos et de documents historiques évoquant ces événements où le sang des peuples algérien et tunisien a coulé dans la commune de Sakiet Sidi Youssef.
Dans une allocution prononcée en cette circonstance, le ministre algérien a déclaré : «Ces événements ont révélé au monde entier la barbarie du colonialisme français et la brutalité de ses méthodes et ses politiques répressives.» Comme il a souligné l’image de solidarité et du sacrifice entre les deux peuples frères. Poursuivant par ces termes : «En ce jour de 1958, les peuples algérien et tunisien ont enregistré une page immortelle de leur histoire commune. Ils ont su comment démontrer leur cohésion et leur synergie en matière de défense des valeurs de liberté et de dignité, avec la pleine conviction que la force et la profondeur des liens qui unissent nos deux pays et nos deux peuples ne peuvent être ébranlées par l’arrogance de l’oppresseur.» Et d’ajouter : «Les sacrifices de nos martyrs tombés lors de ce massacre resteront une source d’inspiration pour les générations futures, qui y puiseront le sens de la fraternité, de la solidarité et des stimulants pour renforcer les liens de coopération entre nos deux pays frères.»
Auparavant, le Premier ministre a affirmé à Kef (Tunisie), où il a fait un discours, «l’attachement du président de la République, Abdelmadjid Tebboune à ce que les relations bilatérales entre l’Algérie et la Tunisie soient «spéciales et privilégiées». Faisant également savoir : «Ma présence aujourd’hui parmi vous, pour commémorer l’anniversaire de cette épopée héroïque, intervient à la demande du Président de la République Abdelmadjid Tebboune qui veille à conférer à nos relations avec la Tunisie, pays frère, un caractère spécial et privilégié au regard des liens de fraternité, de bon voisinage, d’histoire et de destin communs liant les deux pays.» Rappelant aussi que «cette sincère volonté qui empreint la coopération entre l’Algérie et la Tunisie a été exprimée par les Présidents des deux pays à l’occasion de la visite du Président Tebboune dans son deuxième pays, la Tunisie, les 15 et 16 décembre 2021, laquelle a été couronnée par la signature de plusieurs accords bilatéraux dans divers domaines, économique, culturel et social, outre la Déclaration de Carthage, qui dessine des contours prometteurs pour la promotion de nos relations», a-t-il soutenu, conclut le communiqué.