Ahmed Choudar a été désigné, hier, à la tête du Groupe Télécom Algérie, selon un communiqué du ministère de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique.

Il est expliqué dans le document, répercuté par l’agence presse APS, que conformément aux orientations du gouvernement, relatives à la réorganisation du secteur public marchand, et en application de la résolution du Conseil des participations de l’Etat en date du 2 avril 2017, il a été procédé hier à l’installation des organes de gestion des filiales du Groupe Télécom Algérie  (GTA), après avoir accompli l’ensemble des démarches liées à la reconfiguration des entreprises publiques économiques (EPE) du secteur des télécommunications.
Ainsi, Ahmed Choudar est désigné pour diriger le Groupe, et est remplacé, à la tête de Mobilis, par Sid Ahmed Zaïdi, jeune cadre de cette entreprise. Les autres filiales continuent à être dirigées par Adel Kheman pour Algérie Télécom et Mohamed Anouar Benabdelouahed pour Algérie Télécom Satellite, y est-il ajouté. Et de relever qu’en vertu de la résolution du Conseil des participations de l’Etat, le Groupe Télécom Algérie aura pour mission la supervision des projets dans une optique de convergence, la consolidation et l’optimisation des ressources techniques, humaines et financières du secteur des télécommunications. Supervision, consolidation et optimisation restent toutefois des termes vagues, alors que le Groupe a besoin d’un contrat de performance. Ce dernier affirme souvent qu’il travaille à un objectif fondamental, celui d’offrir des services de grandes qualités et de maintenir sa position de leader dans le marché. Mais très  souvent, les usagers  sont déçus par la réalité sur le terrain.  Et dans tout cela, la direction du Groupe donne l’impression qu’elle ne pense pas qu’il soit nécessaire pour AT de rendre compte officiellement de l’évaluation qu’elle fait  des mesures qu’elle entreprend.
Sa position est en fait confortable, d’autant plus qu’elle profite du monopole exercé dans les télécommunications, un secteur ouvert pourtant à la concurrence, au début des années 1990. En théorie, la loi permet l’ouverture à un autre opérateur de téléphonie fixe ainsi qu’à un fournisseur d’accès Internet mais la réglementation n’existe pas encore pour contraindre AT à dégrouper son réseau, alors même qu’elle permet l’exploitation de la boucle locale. Et elle n’existera pas, puisque le projet de  loi définissant les règles générales relatives à la poste et aux télécommunications a été adopté, fin février dernier par l’APN, sans introduire le dégroupage. La nouvelle loi stipule, entre autres, que les activités de la poste et des télécommunications sont soumises au contrôle de l’Etat, qui veille dans le cadre des prérogatives attachées à ses missions générales à la définition et l’application des normes d’établissement et d’exploitation des différents services.
Cette loi s’applique aux activités postales et de télécommunications, et ce, y compris la télédiffusion et la radiodiffusion en ce qui concerne la transmission, l’émission et la réception à l’exclusion du contenu des activités audio-visuelles et des médias électroniques au sens de la loi organique n° 12-05 du 12 janvier 2012 relative à l’information. Pourtant, dans l’économie numérique, les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) exigent le dégroupage pour mettre en place une saine concurrence dans le domaine des services des télécommunications. De même que l’Union internationale des télécommunications souhaite un dégroupage dont l’objectif est l’amélioration de la qualité de services et la mise en place d’une concurrence loyale dans tous les secteurs économiques. Aux dires de beaucoup, il n’y a rien qui justifie un tel monopole qui constitue un obstacle à l’émancipation économique dans le domaine des TIC.