Les clients d’Algérie Poste (AP) peuvent désormais retirer jusqu’à 200 000 dinars quotidiennement au niveau des guichets, contre les 100 000 dinars auxquels ces derniers avaient droit depuis le mois d’août dernier.
La mesure a été annoncée hier par AP et devient effective à partir d’aujourd’hui. Elle s’inscrit dans le cadre de l’amélioration des prestations d’Algérie Poste et des efforts fournis pour un meilleur accueil de ses clients», indique la même source.
Une annonce qui devrait rassurer les détenteurs de CCP, soumis à un seuil maximum de 100 000 dinars depuis plusieurs mois, suite à la sévère crise de liquidités qu’avaient vécue les bureaux de Poste l’été dernier. En plus de la réduction sensible du montant pouvant être retiré au niveau de ses guichets, Algérie Poste a décidé de plafonner à 300 000 DA par jour les retraits effectués par carte Edahabia au niveau des guichets automatiques de billets (GAB), contre 50 000 DA auparavant. Cette restriction a, toutefois, été levée en novembre, donnant droit de nouveau au retrait à 50 000, et ce, grâce à «l’amélioration de la disponibilité de la liquidité dans le réseau postal au niveau national», avait expliqué Algérie Poste.
Amélioration de la disponibilité peut-être, mais point d’amélioration en matière de prestation de service au niveau des GAB implantés un peu partout à travers les bureaux de poste du pays. Ces appareils tombent fréquemment en panne et leur remise en marche prend beaucoup plus de temps qu’il n’en faut, imposant au client détenteur de la carte Edahabia d’aller renforcer les rangs des clients qui continuent à former des files d’attente interminables pour les retraits à vue.
En effet, ces files d’attente sont toujours d’actualité au niveau des bureaux de Poste malgré les mesures de prévention contre la pandémie de Covid-19, qui interdisent strictement ce type de regroupement et fait de la distanciation sociale une règle contre la contamination.
Pourtant la solution à la crise de liquidités, qui avait connu son pic durant l’Aïd El Adha, avait été annoncée depuis déjà plusieurs mois par les pouvoirs publics. A commencer par le ministre des Finances qui, dès début septembre de l’année dernière, avait promis que «la disponibilité des liquidités est prévue au plus tard en octobre avec la reprise des activités économiques». Ce qui n’a pas empêché cette crise de s’installer dans la durée au niveau des bureaux de Poste, créant une véritable pagaille qui n’en finit pas de rendre encore plus désagréable le quotidien des Algériens.
Fin décembre dernier, le ministre de la Poste et des Télécommunications était revenu sur les mesures prises par son département sur ce dossier. Lors d’une séance plénière au Conseil de la nation, Brahim Boumzar a fait part des mesures prises par son département pour régler un problème qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Il a cité notamment l’installation d’une cellule d’écoute et de suivi, comprenant des représentants du secteur de la Poste et de la Banque d’Algérie, chargée de suivre quotidiennement la situation des liquidités pour en assurer la disponibilité dans les bureaux de Poste. A l’occasion, M. Boumzar a indiqué que les retraits d’argent auprès des services d’Algérie Poste se sont chiffrés à 4 022 milliards de dinars entre janvier et novembre 2020, soit une baisse de 6% par rapport à la même période de 2019. Le montant des retraits effectués via les guichets automatiques a atteint 763 milliards de dinars durant cette période, a-t-il précisé. <