La crise de liquidités dans les agences d’Algérie Poste persiste plusieurs mois après son apparition et à laquelle les autorités peinent à trouver une solution pérenne de nature à garantir le service attendu par les usagers qui s’agglutinent quotidiennement devant les guichets alors que la pandémie du nouveau coronavirus enregistre une hausse de contamination.
La persistance de cette crise de liquidités contrarie manifestement de nombreux usagers qui n’ont pas pu retirer leur argent au moment où les motifs de dépense pointent l’un après l’autre, des frais de la rentrée scolaire, aux coûts relatifs à la célébration de la fête du Mouloud à la fin de la semaine en cours.
En plus du besoin des ménages en argent, la semaine précédente a été marquée par l’aggravation de la crise de liquidités compte tenu de la sollicitation d’un important contingent de retraités, donnant lieu à une pression terrible devant les établissements d’Algérie Poste. Pourtant, le ministre des Finances avait promis, début septembre, que la crise ne serait qu’un triste souvenir en octobre.
«Le problème de manque de liquidités enregistré récemment dans le pays était dû principalement au ralentissement de l’économie nationale du fait du confinement imposé par la pandémie de la Covid-19, notamment de mars à juillet», avait expliqué le ministre des Finances, qui a ajouté que «la disponibilité des liquidités est prévue au plus tard en octobre avec la reprise des activités économiques».
Cette crise, qui a emporté, faut-il le souligner, l’ancien Directeur général d’Algérie Poste, limogé le 1er septembre, semble s’inscrire dans la durée au grand désarroi des clients de l’entreprise qui a dû ouvrir avant-hier ses portes vendredi afin d’amortir la pression en répondant à la demande des citoyens.
Le décompte d’Algérie Poste fait ainsi état de plus de 220 000 opérations de retrait pour une valeur estimée à plus de 5 milliards de dinars durant la seule journée du vendredi qui a vu exceptionnellement les agences ouvrir leurs portes pour répondre à la forte demande signalée en cours de la semaine écoulée. Ce chiffre atteste, on ne peut mieux, de l’ampleur de la crise que les responsables ont différemment expliquée précédemment, mais devant laquelle plusieurs mesures ont été prises. Après celle d’Algérie Poste portant sur le plafonnement de la somme d’argent à retirer, c’est la Banque centrale qui avait introduit des mesures à l’effet d’injecter quelques liquidités dans le circuit bancaire.
Le Comité des opérations de politique monétaire de la banque (COPM) avait décidé de prendre de nouvelles mesures visant un renforcement des ressources bancaires en réduisant le taux de réserve obligatoire, le portant de 6% à 3%, et l’activation des opérations principales de refinancement à un mois. Il était attendu à ce que ces décisions permettent de «libérer, pour le système bancaire, des montants additionnels de ressources et mettre ainsi, à la disposition des banques et établissements financiers, des moyens supplémentaires en faveur du financement de l’économie nationale et du soutien de l’activité économique».
Les mesures prises par la Banque centrale en accompagnement de celles décidées auparavant par Algérie Poste peinent-elles à provoquer l’effet attendu et venir à bout de la crise de liquidités qui s’inscrit dans la durée au grand dam des nombreux usagers ?