La grève entamée par une majorité de postiers depuis le 12 avril dernier a pris fin avant-hier dans la soirée. Hier, lundi 19 avril, tous les bureaux et services de l’entreprise avaient repris le travail à un rythme «progressif mais certain», selon une source syndicale contactée par Reporters.

Par Lyes Sakhi
La fin du mouvement est venue après six journées durant lesquelles les postiers en colère ont engagé un bras avec la direction de leur entreprise, émaillé de scènes insolites, mais symptomatiques du malaise qui gouverne la relation entre les deux parties. La plus spectaculaire a été celle du 12 avril à l’occasion de la visite du ministre de la Poste et des Télécommunications d’un bureau de poste du «1er Mai» à Alger. Brahim Boumzar a eu un échange vif avec le postier Abderrahmane Zaoui, actuellement sous le coup d’une «suspension» administrative. Son cas devrait connaitre une «issue positive», selon un membre du Syndicat national autonome des postiers (SNAP) qui s’est solidarisé avec lui bien que M. Zaoui ne soit pas membre de cette organisation. Le cas de M. Zaoui est donc à suivre et pour ce qui est des revendications des grévistes, la direction d’Algérie Poste, sur instruction du ministre du secteur, a déclaré les satisfaire. Les mesures prises concernent le paiement de la première tranche de la prime d’intéressement, en attendant la deuxième qui sera versée dès approbation des comptes de 2020. Ces mesures concernent également le paiement des primes de rendement individuelle et collective (PRI et PRC), ainsi que la reconnaissance du droit du postier au repos hebdomadaire de deux jours. Il est question de régulariser aussi les fonctionnaires qui occupent des postes autres que ceux précisés dans leurs décisions de nomination avant le 31 mai 2021, ainsi que de clarifier la manière d’appliquer l’article 104 du règlement intérieur de l’entreprise concernant la suspension arbitraire avec l’engagement d’étudier tous les cas dans un délai qui ne dépasse pas 3 mois.
L’apaisement du climat social au sein d’Algérie Poste et le retour à la normale du service public sont une bonne nouvelle aussi bien pour l’entreprise et ses salariés que pour les usagers des bureaux de poste. Il n’en demeure pas moins que la grève des six jours laisse des traces qu’il s’agira de soigner par un management adéquat du capital humain qui a dit toute sa souffrance durant la grève et par un débat serein sur l’épineuse question de la représentation syndicale. La centrale UGTA, historiquement hégémonique dans les grandes entreprises publiques, ne fait plus l’unanimité faute d’avoir perdu la proximité qu’elle avait avec les employés. Le syndicat autonome, SNAP, lui, ne parvient pas non plus à gagner l’adhésion des postiers devenus rétifs à tout, bien que l’idée d’une coordination syndicale a semblé se manifester davantage au plus fort du mouvement de grève. <